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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
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MessageBitter [feat. Dorothy] | Mer 25 Oct - 21:48


Il ne quitte pratiquement pas la porte des yeux. Qu’on lui parle, qu’il soit en train de faire un cocktail, ou encore en pleine transaction illicite, la grande porte de bois est toujours dans son champ de vision et, dès qu’il la voit s’entrouvrir, il la fixe. C’est subtil. Un coup d’œil un peu plus appuyé que ceux avec lesquels il balaie normalement la grande pièce. Ses interlocuteurs ne le remarquent presque pas. Tout juste un peu plus distrait que d’habitude. On ne lui en tient pas rigueur. Toujours efficace, toujours professionnel, toujours présent. Physiquement, du moins. Son imaginaire et ses pensées sont bien loin. Dans la serre. Des lèvres contre les siennes, une main dans ses cheveux. Faim, rage et promesses. Il ne sait pas encore s’il le regrette, s’est posé la question dès qu’il eut quitté le terrain de l’école deux soirs plus tôt. Aucune réponse satisfaisante. But I know better than to trust myself. C’est avec cela en tête qu’il entend. Qu’il attend qu’elle passe cette porte, qu’elle comble sa moitié de l’entente.

Sa hanche brûle. Pique. Résidus de sa déception d’hier, étouffée par l’aiguille salvatrice. Ça n’est pas bon signe, il le sait. Tente en vain d’ignorer la réalité frappante de son désordre. Tente de se raisonner que ça n’a rien à voir. Qu’il l’aurait fait même si elle s’était présentée. Qu’il n’y a rien de neuf à l’aigreur de la déception qui lui mord le torse. Même si elle se manifeste au centuple lorsqu’il n’est pas avec elle.  It’s nothing. It’s not like I care about her showing up here. It’s her life. Maybe I’m happy she’s letting me be.

On interrompt ses songes. Le bruit distinct de quelqu’un d’un peu échaudé qui s’assied lourdement au bar devant lui. Un corps percutant le bois foncé. Un arrêt un peu brusque, un rire étouffé, et une odeur sucrée. L’Anglais pose le cocktail qu’il vient tout juste de garnir d’une petite grappe de baies sur le plateau de la serveuse qui file ensuite vers ses clients, puis pose son attention sur la nouvelle arrivante. Cascade de boucles auburn qui tombe de sa tête à sa poitrine, en passant par son épaule à moitié dénudée. Des yeux bleus et embrumés qui le fixent avec soif. D’alcool et d’attention. Il ne voit pas sa robe en entier mais devine que le bas de celle-ci en révèle autant que le haut. Manches tombantes, décolleté plongeant. Elle se penche, miaule presque.

« You gonna offer me a good time, love? »

Il hésite.

« A drink first, maybe. What’ll you have? »

Sourire gourmand ourlant les lèvres rosées de la jeune femme.

« Surprise me. »

Il lui concocte un quelque chose. Plutôt léger – ça ne serait pas sage d'y aller lourdement vu son état déjà plutôt avancé d’ébriété. Sucré. Sickly sweet, even. Elle ne le lâche pas des yeux. Le suit, le chasse, attend le moment parfait pour bondir, enfoncer ses doigts parfaitement manucurés dans sa peau. C’est lorsqu’il pose le verre au contenu rose bonbon devant elle qu’elle plonge, sa main attrapant l’avant-bras de l’Anglais. Sourire prédateur. Elle élève sa main jusqu’à ses lèvres, y glisse avidement son index. Goûte sa peau, laisse le doigt glisser contre sa langue jusqu’à en sortir de sa bouche, luisant de luxure et de salive.

« Thank you. »

Il ne répond pas. Fige. Tiraillé, envoûté et dégoûté à la fois. She’s a real good slut. A quick fuck against one of the couches upstairs. It’s harmless, isn’t it? She doesn’t matter. Disposable. A bit of fun and she’s on her way. Besides, it’s not like you owe the redhead anything… Right?

Il n’a pas vu la porte s’ouvrir, cette fois.



Tenue de Phil pour le RP:
 

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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Jeu 26 Oct - 10:41


Two or three days. Elle aurait dû demander une date et une heure précise, quelque chose à quoi s’accrocher, une impossibilité de s’emmêler, de peiner à choisir. Perdue dans ses idées de ce qu’il convenait de faire, de ce qu’il allait penser d’elle si elle venait après deux ou trois jours, elle ne parvint à se décider, de toute façon, qu’à la fin du troisième. Beaucoup de réflexion pour pas grand chose, elle s’épuise, mais s’adonne presque avec plaisir à la gymnastique mentale qui la laisse courbaturée. En pleine lecture d’une ligne, au plein milieu d’une conversation, elle part dans ses scénarios, imaginer comment la situation se passerait si.. et comment elle se passerait si jamais.., les frissons au ventre d’envisager toutes les possibilités et de s’emballer pour très peu. Elle est consciente plus que tout de l’importance d’un tel rituel : la réalité n’est jamais aussi polie que les images qu’elle en crée au préalable, et elle s’assure d’étirer le temps pour les goûter au maximum, jusqu’à ce qu’elles ne s’effritent du retour sur Terre.

Dorothy laisse les cours s’achever, les bougies s’allumer et les âtres se réchauffer, et quand la nuit lui semble avancée mais pas trop, elle met un pied dehors. Il n’est pas très tard, elle se rappelle précisément de l’heure à laquelle il finit, préfère arriver un peu avant histoire de peut-être se fondre dans l’environnement, y prendre sa place un tant soi peu, l’observer de loin, peut-être, travailler. Coeur battant d’enfant, joues rouges d’adolescente, elle se hâte sur le chemin qui sépare le campus du village. Elle finit par retrouver la rue, souffle, enfonce ses mains dans son manteau et s’approche de l’entrée. Je fais tâche se dit-elle. Dorothy tourne un instant, hésitant à tenter de passer l’entrée, par peur qu’on ne lui refuse l’accès, mais finit par s’élancer vers l’entrée avant qu’on ne puisse lui demander de rebrousser chemin. Une fois enveloppée dans la chaleur du Bloody Ghoul, elle rit doucement, d’une peur qui ne lui semble que trop irrationnelle une fois dans son dos.

Instinctivement, ses épaules se resserrent, ses coudes viennent cogner sa taille, et elle reste un moment désorientée, sans savoir où poser son regard. Elle se force à faire un pas, deux, pour étendre son champ de vision, et laisser son regard glisser sur les formes. L’ombre d’un sourire est restée sur ses lèvres, et elle s’égare quelques secondes à écouter la musique. Peut-être qu’il n’est pas là, mais bien sûr qu’il l’est. Elle sait pertinemment où poser son regard, évite soigneusement de le faire, prend tout son temps.

Son évitement ne prend tout au plus qu’une dizaine de secondes. Le temps lui semble long, pourtant, affreusement long. La tension revient, au niveau de son sternum, de son estomac, au fond du ventre. Elle relève le regard, porte un regard curieux, déphasé un moment, sur la scène à laquelle elle assiste au bar. Nausée. Elle ferme les paupières, parfaite petite autruche, qui espère ainsi faire disparaître de la réalité les images imprimées dans sa rétine. Plantée comme une idiote là, elle reste un moment, les paupières closes, seule attentive aux battements effrénés de son coeur. Lorsqu’enfin elle les rouvre, après qu’on lui ait demandé (plus ou moins gentiment) de dégager le passage, elle se rend compte à quel point elle a serré les doigts. Au creux de sa paume, des demi lunes écarlates, marque d’une faiblesse qui vient la prendre aux tripes.

Elle doit partir. Elle ne peut pas partir. Ses genoux lui font mal. Dorothy finit par désactiver son cerveau, tourne dans la pièce, évite, prend un détour, jusqu’à se retrouver à l'extrémité du bar, espère de toutes ses forces qu’il ne l’a pas vue, se maudit de ne pas avoir pris sa chance de partir sans qu’il n’y ait trace de son passage.

Elle est venue. Il lui a demandé de venir. Elle l’a fait. Maintenant quoi ? L’humiliation vient l’enserrer, et elle se force, plus que tout, à ne pas laisser les émotions prendre le dessus sur son corps. Elle n’ose même pas relever la tête, attend peut-être qu’il la remarque, un jour, jamais. Elle ne se lèvera pas. Elle ne regardera pas. Elle a peur de ce qu’elle y verra, là où il est, face à cette fille, repasse la scène en boucle, tremblante. Pathétique
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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Ven 27 Oct - 16:03


La main de l’Anglais retombe lourdement sur le bois du comptoir lorsque la jeune femme devant lui la lâche, un sourire brillant de convoitise toujours fixé à ses lèvres. Elle attend une réaction, n’importe laquelle, et tente un instant de chercher plus de contact en posant ses doigts sur l’avant-bras du brun. Il le retire immédiatement, fait un pas vers l’arrière, et force ses poumons à prendre un souffle. Ils y peinent, terriblement serrés sous sa cage thoracique qui lui semble être faite de ciment, de briques. Elle ne trouve qu’un rire bête à lui offrir en voyant l’expression à la fois confuse et frustrée se dessiner sur son visage. Le combat est féroce entre sa tête, ses tripes et son cœur. Une sensation qu’il déteste presque autant qu’il se déteste lui.

This would’ve been so simple a month ago. No questions asked. Not to her, not to myself. I would’ve grabbed her by the wrist, brought her upstairs and fucked her nice and dirty on the corner of a bed before cleaning up and getting back to work. Because that’s all there is to it, right? Two bodies in need of contact, friction and release.
Not anymore.
There’s so much more to it, now. There’s remorse, questions, expectations, untended needs, ravenous hunger, and this lingering feeling I can’t quite identify. This feeling that makes me want to deny who I’ve been up to this point. I hate it. But it’s pulling me closer everytime my thoughts wander to her.


Elle se penche davantage vers le bar, le col lâche de sa robe s’ouvrant encore plus, révélant un soutien-gorge de dentelle couleur pêche. Elle le sait. Sa voix dégouline, mielleuse et souillée de sensualité.

« What are you thinking about, love? I can make you forget about it. You’ll feel much better. »

Quelque chose en lui se fracasse. Le choc est violent. Son pas le ramène brusquement vers l’avant. Il empoigne violemment le poignet de l’inconnue. Ses doigts y laissent quelques marques rouges, puis blanches, tandis que des lèvres qui l’avaient tenté un peu plus tôt jaillissent un gémissement douloureux et surpris. Tout juste retenu par quelques traces de décence. Regard presque impassible, fendu d’un éclat de rage. Il fait noir dans l’ambre de ses yeux.

« Have you no shame? Are you that far into your dumb slut cliché that you’ll go after the barman? » Il se penche. Il siffle. Il serre. « You’re a digusting, pathetic piece of trash. Get out of my bar. » Il lâche sa main, la jette contre la poitrine autrefois offerte de la jeune femme « Cover yourself up, you’re a bloody disgrace »

Les larmes aux yeux et son autre main couvant, protectrice, son poignet meurtri, l’inconnue se lève et s’élance d’un pas nerveux vers la porte, sans regarder en arrière. Bras collés contre elle-même, tête basse. That’ll teach her some decency. Parce qu’évidemment, il n’y a qu’elle à blâmer pour cet incident. Of course.

Il respire, finalement. Expire longuement, ferme les yeux, puis se tourne vers la personne qu’il sait être assise au bar depuis peu. Ce n’est que lorsqu’il pose un menu devant elle qu’il la voit vraiment. Qu’il retrouve cette femme qui le dévore de l’intérieur. Qu’il a envie de disparaître. Est-ce qu’elle a vu ce qui s’est passé? Bien sûr que si. Bien sûr qu’il fallait que ça arrive le même soir. La tentative, l’hésitation, la rage. Elle a tout vu. Elle a vu sa saleté, sa crasse, une fraction de ses vices. Leurs regards se croisent. Voit dans le sien la douleur, aussi clairement qu’elle peut y voir la honte dans le sien. Il ne parle pas tout de suite, la mâchoire trop serrée pour qu’il puisse ouvrir la bouche. Du bout des doigts, il attrape deux verres à shooter et les remplit habilement de rhum brun et épicé. Il en garde un, pousse l’autre vers Dorothy. Enlace le verre du bout des doigts, en avale le contenu d’une traite. L’alcool brûle son malaise. Deux secondes, tout juste, avant que celui-ci revienne à la charge.

« How long have you been here? », demande-t-il, tout bas, alors qu’il pose le shot vide avec les autres verres sales.

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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Ven 27 Oct - 16:43


La musique est noyée par sa respiration bourdonnante, son coeur qui tambourine. Ses mains, d’une part et d’autre de son visage, font paravent face à la douleur. Si elle le souhaite assez fort, elle ne sera pas là. Peut-être qu’en plissant un peu plus les paupières, jusqu’à n’y voir que des tâches multicolores, elle pourra se retrouver autre part, par enchantement. Risible, quand ce n’est pas loin de ses possibilités, mais quand l’état de son corps l’empêche même de faire quoi que ce soit pour accorder son souhait le plus cher. Retenir les larmes. Elle se sent étouffer, peine à attraper de l’air pour se remettre droite, et elle a trop peur de baisser ses mains, de voir s’il l’a remarquée, s’il l’a remarquée dès ses premiers pas à l’intérieur de l’établissement. Qui ne lui dit pas qu’il s’en fout, totalement ? Et elle ne peut pas lui en vouloir. Elle s’en veut, à elle, de bouillonner de sentiments impurs, trop intenses face à l’abscisse du temps. Plus elle se martèle, de jugements de ce qu’elle devrait être, de ce qu’elle devrait ressentir, de tout ce qu’elle n’est pas en ce moment présent, de tout ce qu’elle est (tout ce qu’elle hait), plus elle se sent rétrécir sur son tabouret, rabougrir. Elle en espère presque disparaître tout à fait, ne rester qu’une poussière au sol, loin des pathétiques préoccupations qui l’envahissent contre son gré.

Elle attend. N’a aucune conscience du temps qui passe. Elle espère, vainement, que les battements au dessus de ses yeux ralentiront, que le marteau cessera sa torture, que les larmes se ravaleront d’elles même et qu’elle pourra partir, la tête haute, sans laisser un bout de son coeur sur le comptoir.

L’air est brassé devant elle, elle sent une présence. Son regard se lève sans demander son avis, et elle ne peut que se maudire, s’en vouloir. Qu’aurait-elle fait, serait-elle restée enfermée dans ses mains, comme un enfant, aurait-elle commencé à pleurer, se balancer d’avant en arrière, prisonnière de sa propre camisole ? Elle se reprend. Elle a bien fait. Sa vision est floue, ou plutôt, les signaux ne semblent pas arriver à destination. Elle voit, elle sait qu’il est là, mais pendant quelques secondes, s’étirant à l’infini, elle ne sait pas tant ce qu’elle voit, réellement. Elle ne veut pas croiser son regard et pourtant, tout se fait sans son accord, elle reste interdite spectatrice, sans même l’autorisation d’applaudir ou de huer. Impuissante. Elle ne peut pas interpréter. Ne le veut pas. Quoi qu’elle pense, de ce qui lui semble être dans les reflets de ses yeux, cela ne sera jamais vrai, et son cerveau n’y croira jamais, quelles que soient les preuves. N’y lis rien, ne crois rien. Elle se laisse à penser, toutefois, que ce n’est pas le regard de quelqu’un de fier, pas celui de quelqu’un qui se réjouit de la douleur créée chez un pair. Mais qu’en sait-elle. Dorothy n’est pas connue pour son bon jugement.

Il leur verse de l’alcool. Elle observe le verre qu’il a rempli pour elle, absente, sans aucune intention de le porter à sa bouche. Pourtant, sa gorge est sèche, prie pour un certain répit, bien que temporaire. Elle ne peut pas bouger. Elle ne veut pas bouger. “I don’t know” répond-elle, honnêtement. Sûrement quelques minutes, essaie-t-elle de déterminer, en y réfléchissant. Il ne peut pas s’être passé plus, hein ? Mais elle n’en sait rien, peut-être est-elle dans cette position, enroulée sur elle même, depuis un moment. Elle pourrait lui demander, d’estimer. Mais elle a peur, d’apprendre ce qui est sûrement arrivé avant, ce qui est arrivé après, à quelques mètres d’elle. Elle n’a rien entendu de leur conversation, toute entière absorbée par le fait de se reprendre. “Not long” finit-elle par ajouter, dans un marmonnement à peine audible. Elle n’en parlera pas. N’y fera pas mention. Sa fierté mal placée l’y oblige, son humiliation dans l’ombre, suppliant d’effacer ce souvenir comme tant d’autres. Son bras se dénoue, et elle vient laisser ses ongles glisser contre le bord du comptoir. “Should I leave ?...” demande-t-elle, se forçant à relever le regard pour croiser le sien. Aucune agressivité dans ses mots, sa voix peine à trouver sa stabilité. Une question, honnête, directe, de quelqu’un qui se sent un peu moins à sa place encore, qui se retirera sans problème de la scène, s’il le faut. Elle déglutit. Use de toutes ses forces pour retenir ses larmes, à nouveau, ne pas lui montrer sa faiblesse, sa sensibilité, how much she cares. Elle ne devrait pas. Elle ne devrait pas. Elle ne peut pas s’en empêcher. Ses émotions l’étouffent. Elle va lâcher. Enfant. Un enfant. Qui a besoin qu’on la rassure, mais qui ne le demandera jamais. Muette. N’impose pas ta défaillance à autrui. Le mot “désolée” vient lui tourner en tête, encore, encore, encore, elle le sent caresser le bord de ses lèvres, tentateur, et elle vient les presser, s’oblige à ne pas s’écraser, à ne pas mettre en mots la déception dont elle s’imagine porter le flambeau. “I don’t want to…” murmure-t-elle pour elle même, voix écrasée par la tristesse, prête à ce qu’on la chasse, qu’on la pousse sur le côté. Son regard vient s’accrocher à un reflet , et elle s’empêche de cligner des paupières, mord sa lèvre, d’un sanglot qui menace d’imposer sa plainte.
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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Jeu 2 Nov - 0:01


Tout de lui est souillé.

Du sang pompant furieusement de son cœur à ses veines jusqu’à l’esclavage de la substance qui lui ravage l’âme, en passant par la peau de son doigt qui lui semble à présent poisseuse, repoussante. Tout de lui est sale et soumis à ses fatales imperfections, à la sauvagerie de ses pulsions, à la difformité de son don. Et cette plaie suppure et s’infecte, s’étend et envenime tout sur son passage. Tout ce qu’il regarde. Tout ce qu’il touche. Tout ce qu’il désire. La gangrène est nichée dans chacun de ses mouvements, la purulence danse entre ses mots, possédée du timbre grave de sa voix.

I’m not sick. I am the illness. The virus. I feed, I grow, I fester and spread the decay. And there is nothing good to come out of my thoughts or actions. I should not be feared; I should inspire disgust and repugnance. Danger, keep away. Despite knowing all these things, I simply cannot help myself. My faults areabjectly human ; the need for contact and intimacy, the urge for socialisation. But the worst of them all is hope. Where I know there is none. When I know I’ve lost it all decades ago.  I am the disease, and I am slavishly weak.

La voix de la Peste le perce, et la faiblesse qui coule de la blessure lui affaiblit le ventre. Se le redresse d’un deuxième shot d’alcool fort. Pour s’empêcher de vomir. Pour s’empêcher de crier. Il laisse le rhum caresser l’intérieur de sa bouche, glisser contre sa langue jusqu’à dégringoler dans sa gorge. Les secondes passent. Trop rapides. Trop lentes. Nothing is as is should be. Le malaise le tend et l’agresse. La chair de poule lui ondule la peau. Vagues houleuses. Il ne goûte rien. Vide, trou noir. And my light is about to cry.

Déchiré, encore une fois. Dixième, centième. Entre l’envie de se fracasser les jointures contre le mur de pierre derrière lui  et celle de l’embrasser avec la plus douce des tendresses. Il fige. Incapable de quoique ce soit. Ou presque, il parvient tout juste à lever la main en direction de sa collègue. La même serveuse que l’autre soir, qui arrive en vitesse. Sur son visage, un air inquiet. Mais elle sait ne pas mettre en doute les actions de son patron. Elle prend sa place derrière le bar alors que lui en sort d’un pas lent, les mains dans les poches. Il contourne le bois, évite les tabourets jusqu’à se placer à côté d’elle.  Sa main hésite, comme le reste de son être, mais ne peut pas résister à l’appel de sa peau. Froide et chaude tout à la fois. Sa paume enlace le galbe de son épaule avant d’effleurer son chemin jusqu’à sa nuque. La serre. Possessif, rassurant. La colère se tait. Pour l’instant.

« Would you still like to go for a walk? »

Il ne s’attend pas à ce qu’elle accepte. Espère qu’elle refuse, qu’elle se fâche, qu’elle s’indigne. Espère qu’elle le rejette, lui crache dessus.

But she won’t. She’ll take all of it. Servile. Subddued. Tame. And I hate her for it.

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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Jeu 2 Nov - 11:40


Ses yeux la piquent. Et pourtant, elle les garde écarquillés, prête à subir la douleur croissante face à l’idée, effrayante, de se mettre tant à nu. Tentative vaine, il voit tout, elle en a conscience, et la lutte n’en est que plus acharnée. Disparaître, fondre, elle commence à attendre qu’il lui dise de partir, douce libération, paradoxe. Ses doigts viennent se resserrer contre le bar, de quelqu’un qui n’a pas envie qu’on l’en y arrache, et elle attend, sans parvenir à reprendre son souffle, un signe de l’autre côté. Faible, elle est faible. Il le voit, sûrement, et elle ne s’attend pas, de sa part ou de celle de n’importe qui, autre chose que du dégoût, au mieux de la pitié. Pas de la compassion, pas de la douceur, pas lorsqu’elle ne s’est pas adornée de ses meilleurs charmes pour être sûre de le recevoir, pas lorsqu’elle se présente dévêtue et dans l’impossibilité de préserver un semblant de pudeur.

Elle ne revient à la réalité qu’au contact de sa main sur son épaule. Elle frémit. La veste qui la couvrait est posée sur ses genoux, et elle ne sait si elle doit se récompenser de ce choix, ou le regretter. Dorothy ferme à demi les paupières, sans s’en rendre compte, et se concentre sur les doigts qui remontent jusqu’à son cou, sa nuque. Le noeud au creux de son estomac semble se relâcher, et quelques larmes s’échappent de son attention détournée. Elle a envie d’une étreinte. L’idée s’impose à elle, grondante, un besoin vital d’être serrée jusqu’à en étouffer, qu’on la tienne fermement, sans lui donner une échappatoire. Les mots ne lui accordent guère de répit, ils viennent frôler sa peau avant de s’évanouir dans l’air, et la chair de poule lui monte le long des bras, de la température qui lui semble soudain glaciale.

Elle acquiesce, silencieusement. Sait-il que dire non lui est des plus difficiles ? Elle ne doute pas qu’il s’en rende compte très tôt, même si dans une situation comme celle-ci, cela ne lui porte que peu à défaut. L’idée ne lui a que vaguement traversé l’esprit : elle a envie d’être avec lui, malgré ce qu’elle vient de voir, malgré son cerveau qui ne voit rien de logique à ce qui anime son coeur. Plus qu’une envie, un besoin, de remplir ce trou béant qui lui a rappelé sa présence un peu plus tôt, sans aucune considération.

Ses pieds rejoignent le sol, elle prend une grande inspiration, se pliant finalement aux exigences de ses poumons, et se tourne vers Philip. Elle ne l’a regardé que subrepticement, et encore, en laissant son regard le traverser sans s’y arrêter. Là, elle laisse ses prunelles couler le long de son nez, faire le tour de ses pommettes, se perdre dans ses sourcils avant de se poser dans les siennes. La faim lui dévore le ventre, de se mettre sur la pointe de pieds, lever le menton, prendre ses lèvres, le montrer comme sien (même écrasée par sa vérité qui sait qu’il n’en est rien), sortir d’elle même. Mais Dorothy est sage. Dorothy a peur, se contient, reste disciplinée, le personnage qui lui sied. Un léger sourire monte sur ses lèvres, et avant que son corps ne la mène sans son avis, elle préfère s’éloigner de lui, détourner le regard, et se diriger vers la porte de sortie, sans jeter un regard derrière elle.

Elle frissonne. Elle brûle. Comme d’habitude, ce qu’elle ressent n’a aucun sens, et elle se force à ne pas tenter d’en créer un, persuadée de n’y trouver autre qu’une illusion. Le chemin qui la sépare de l’extérieur lui semble interminable, mais enfin le froid vient lui prendre la gorge, tend son corps sous ses fins vêtements. Elle n’a pas envie de remettre son manteau, elle veut qu’il pallie à son état de ses propres bras, mais finalement cède et glisse ses membres dans les manches, se couvre d’une chaleur trop artificielle, creuse. Elle fourre ses mains dans ses poches, qu’il les en arrache, l’idée l’entrance. Ses propres pensées la dégoûtent, elle se sent sale d’envies qui ne devraient pas être siennes, mais en un soupir elle les laisse s’évanouir. Ses larmes ont séché. Elle espère que la trace de sa chute se sont toutes effacées, que ses joues ne sont rouges que par le froid, que ses yeux sont à nouveau emprunt d’une brillance toute caractérisée par l’énergie, et pas la tristesse.

Elle ne veut pas le voir, pas encore, et elle ne prend pas de pause à l’entrée, commence à marcher dans la rue, en tentant d’ouvrir les oreilles, d’entendre le son de ses pas derrière elle, espère qu’ils la rejoindront, qu’ils sont les siens. Aucuns mots ne lui viennent. Elle n’a rien à lui dire. Et elle craint, malgré tout, de parler dans le vide, de se retourner et de ne rien y voir. L’idée lui glace le sang, et l’envie de tourner la tête devient tout d’un coup pressante. Elle finit par s’arrêter, serre les poings dans ses poches, l’attend, d’une force qui l’a bien vite quittée. La culpabilité vient lui ronger les sangs, à nouveau, sa faiblesse lui fracasse le crâne, peut-être ne devrait-elle même pas essayer, peut-être ne devrait-elle pas se laisser mener si facilement par ces illusions friables.
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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Sam 11 Nov - 7:13


Il se tend sous son regard. Les muscles sous sa peau se crispent, s’étendent en lui en une douleur sourde, impossible à ignorer mais frôlant l’illusoire. Ainsi sondé, ainsi fouillé, il est vulnérable. On le force à exposer une partie de lui qu’il s’efforce d’ignorer, à chaque seconde de chaque minute de chaque heure de chaque jour. On lui enserre la tête, et il ne peut empêcher sa vision de faire face à une évidence qui le répugne. And I’m scared that she’ll see it too. I fear the moment where the weakness will slither out of my chest. It’s inevitable, really. Tick, tock, tick, tock. Only time will tell when this’ll destroy us both. Malgré tout, il maintient son regard; un défi, une envie. Résolu à lui montrer qu’elle ne le perturbe pas autant qu’elle le fait réellement. La tendresse qui était venue se poser dans le creux de son ventre se dissipe. Rongée par la tempête qui l’habite. Le demi-sourire qu’elle lui adresse le dégoûte. Who the fuck does she think she is? Il s’indigne sans savoir pourquoi, se laisse emporter par le torrent d’une colère qu’il ne contrôle pas. Anger is much easier to manage.

Il la regarde s’éloigner. Et l’envie de la laisser sortir et de verrouiller la porte derrière elle le démange. Solution facile à un problème complexe. L’ignorer, la rejeter, disparaître. Rien de bon ne peut sortir de leurs interactions de toute façon. I should just let her leave. Not chase her. Break her heart. It’ll hurt her less than I ever will. It would save us both a lot of anguish, wouldn’t it? Ses doigts se recourbent vers sa paume, serrent, malmènent, percent. Sa mâchoire tique lorsqu’il sent l’ongle de son majeur briser son épiderme. Sa conscience réveillée par la douleur qui s’étend dans sa main. Il la regarde, suit des yeux les larmes de sang qui ondulent entre les sillons de sa peau.

« For fuck’s sake… », siffle-t-il entre ses deux, essuyant machinalement sa main tachée de vermeil sur son jeans.

Son pas fend le sol du bar. Il vient attraper son veston, l’enfile tout juste puis se retourne vers la porte. La mince silhouette de la Peste se faufile dans l’ouverture. I never really had a choice, did I? Résigné, porté par ses pieds et par ce qui tambourine violemment derrière sa cage thoracique, il la suit. Il ne la regarde pas, une fois sorti. Ni elle, ni les gens dans la ruelle. Il accroche son bras du sien et la guide, sans grande douceur, vers le sentier qui traverse la forêt. Besoin de s’éloigner, de respirer autre chose que le malaise qui l’étouffe. La pierre laisse place à la terre, et les lumières chaleureuses du village s’éloignent derrière eux. Le silence s’impose, tout juste brisé du bruit de leurs pieds crissant contre des feuilles, des branches mortes.

Il ralentit. S’arrête. Respire. Un grand souffle, deux grands souffles. Mais sa gorge est serrée et la rage qui le possède est incendiaire. Pour le bien de Dorothy, il laisser aller son bras et s’éloigne un peu. La distance entre eux est synonyme de sécurité. Le malaise se lit dans chacun de ses mouvements, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se retenir. I feel myself slipping away. Slowly, and then all at once. La furie éclate, comme l’orage qui le hante.

« What in God’s name is your fucking problem? » Ses mots mordent, comme le tourment dans ses yeux fixés intensément à ceux de la rouquine. Il s’agite. « Didn’t you see her? And all you could muster were a few pathetic little words… Why aren’t you angry at me? Why are you not the one screaming right now?  » Son ton s’est levé, sa voix résonne, déchirée, grave. « Do something, anything! Show me your anger! I know it’s there, you stink of it.»

Ses précautions ont été vaines; il se retrouve à nouveau devant elle, ses doigts enserrant brusquement son poignet. Il le serre, fort. Veut lui faire mal, veut lui arracher autre chose qu’un sanglot étouffé. La peau blanche de Dorothy se souille du sang séché de l’Anglais. Il se penche vers elle, la maintient contre lui de son étau sauvage. Ses cris se taisent en un murmure acerbe, hargneux.

« Or maybe that’s all you are. A submissive little slut, hm? »

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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Sam 11 Nov - 13:50


Et il la prend, la mène. L’expiration s’achève et sa poitrine s’affaisse, pendant un instant lui semblent évanouies toutes les possibilités d’avoir mal. Il est là. Il est là. Elle se le répète, comme si le contact au creux de son coude n’était suffisant. Elle n’y sent aucune douceur, presque de la rudesse, et ses jambes se parent d’une nouvelle lenteur, comme pour retenir les pas qui maintenant l’effrayent. Au moins il l’emmène. Au moins il est là. Toute entière enfermée dans sa tête, elle remarque à peine le sentier vers lequel il les engage. Les craquements des feuilles lui passent par dessus la tête, et tout ce qui l’encense dans le monde semble mû d’une transparence inédite. Elle ne voit rien, elle ne sent rien, elle se sent aux prises d’étaux et n’y trouve aucune protestation. Lorsqu’il la lâche, le monde revient la frapper : de la froideur glaciale de l’air, du parfum humide de la nature, des sons inquiétants de la vie. Rien ne lui est agréable, elle n’en veut pas, et sans sa maîtrise, elle se serait jetée sur lui pour se noyer à nouveau.

Elle l’attend. La lame, sifflante. Elle s’en voudrait d’être assez stupide pour envisager quoi que ce soit d’autre. Elle se souvient des mots de la serre, ceux qui circulent en boucle dans sa tête coward, et sait qu’il n’entend rien de ses supplications silencieuses. Elle reste immobile, presque absente, prête à accepter le coup, se repaître de la douleur, dans un paradoxe qu’elle ne veut pas comprendre. Son regard vient croiser le sien, et alors même que les mots s’abattent, elle reste figée autre part, le regard vide. Elle le laisse. Dorothy sait ce qu’il attend d’elle, et malgré les tremblements, elle ne veut pas lui donner. Tableau cocasse, elle se laisse habiter par une apathie, tout contraire à ce qui s'étend devant elle. Elle veut remplir ses attentes, aussi saugrenues soient-elles, mais un semblant d’elle semble s’accrocher à tout ce qui lui reste. Elle ne peut pas se donner toute entière, si ? ne se perdrait-elle pas en s’arrachant le droit de pouvoir se reconnaître ?

Il attrape son poignet, et elle serre les dents. La colère danse, et elle tente de l’étouffer en vain. Elle s’imagine le frapper, elle s’imagine pleurer, elle s’imagine montrer quoi que ce soit, et pourtant, elle s’efforce de rester immobile, de contracter ses membres, de rester debout. Elle a mal. Elle a mal. Et pourtant elle se le répète I don’t feel anything, malgré ses yeux perlés. Ses mâchoires se tendent, la crampe se profile, d’écraser ses dents les unes contre les autres. Elle tiendra. Elle tiendra, hein ? Il est hors de question qu’elle perde un moment le contrôle, qu’elle se rapproche de l’humanité en elle qui la dégoûte.

Elle se hait.

Tout ce qui s’agite en elle est la preuve de sa faiblesse. Un marionnette. Il demande quelque chose et il l’obtient, et si elle lui donnera tout ce qu’elle sera en mesure de fabriquer, elle se sent, à ce moment, prise à son propre jeu, de réaliser qu’il veut une partie d’elle, en même temps. Elle se mord la lèvre, violemment, elle éclate, et le goût ferreux vient caresser sa langue. à son murmure, sa main libre se lève, prête à le frapper, à enfoncer ses ongles dans sa joue, à en arracher la peau. La peur la prend, de ces sentiments dont elle ne veut pas, ceux qui la dégoûtent, et elle referme le poing, avant de laisser son bras retomber, mou, le long de son corps. “Fuck. You.” Les larmes dévalent, tant pis, elle n’a plus la force, ne peut pas tout contenir. Elle veut lui cracher au visage, lui arracher les cheveux, marquer sa peau de sa rage. Il ne l’aura pas. Il ne l’aura pas. [color=steelblue] “What good would it do ? I’m pathetic either way. You made sure of that” Elle déglutit, vient enserrer le poignet de Philip, celui qui la tient, de ses doigts tremblants. “Do you demand it, Philip ? Do you want me to hit you, to scream at you ? Do you like me submissive? Giving in to what you want? Don't you get the paradox in what you’re asking?”Elle souffle, tousse un peu, de l’émotion qui se prend dans sa gorge. Les larmes filent. “I'm angry. Angry at you for calling me a slut. I wasn’t before. I hurt. That’s all. You expecting me to act a certain way says more about your feelings than mine.” crache-t-elle, en reprenant sa respiration.
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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Dim 12 Nov - 14:18


This deafening silence.

Il ne dure que quelques secondes. Une dizaine, peut-être. Entre les cris, les mots, les respirations chaotiques et saccadées. Entre la haine pure et le désir vorace qui l’habitent. Le silence s’infiltre, insidieux d’abord. Commence par taire la nature autour d’eux. Le bruissement du vent entre les feuilles fragiles peinant à restées accrochées aux branches s’assourdit. L’odeur boisée, sucrée de la terre et de l’écorce devient terne et insipide. Eux deviennent muets, aussi. Sa provocation écrasée par son propre poids et la lourdeur de l’air. Les souffles se suspendent, les cœurs hésitent. Mais dans leurs yeux, la lueur du désespoir brille plus vivement que jamais. And in my head, the screams are loud and painful, as I curse the wait between my whispers and her reaction. It’s a hellish nightmare that time has built between my temples.

Il voit la lèvre supérieure de la Peste se tacher de rouge. A, un instant, l’envie viscérale de l’essuyer, de l’embrasser. Puis ses mots le brûlent, font bouillir sa peau, lui serrent la mâchoire et lui enflamment le regard. Il l’entend, l’écoute, mais ne comprend qu’à moitié ce qu’elle est en train de lui dire. Se laisse emporter par la douleur qui émane d’elle et prend, tout entier, pour lui, le blâme. De ses larmes qui coulent le long de ses joues, de sa voix brisée d’émotion. Il se tend sous le contact des doigts de la rouquine sur son poignet. Il voudrait l’enlever, mais se sait incapable de ne pas la toucher. I should’ve stayed back. I should’ve just hated her. Il resserre sa propre poigne. Défiant, amer. Mais la détermination qui se trouvait dans son propre regard a laissé place à la confusion, à l’incertitude et à la détresse.

« Shut your fucking mouth. », lâche-t-il, la sévérité de ses paroles tordues d’une faiblesse qui répugne. Il y réagit. Fort. Un peu malgré lui. Sa main libre s’élève, ses doigts claquant fermement mais sans violence la base de la joue de Dorothy. Y laissent de fines traces rouges qu’il apaise d’une caresse aimante de sa paume. Il se penche vers elle, se noie dans ses yeux, respire son odeur qui le ramène à la vie et l’étouffe. Besoin de contact, de violence. « I don’t know what I want. I want your best, I want your worst. I want your hatred, your hunger. I want to hurt you, I want to fuck you. I want everything that you are. » Il humecte ses propres lèvres, sèches de par la lourdeur de ses souffles. Son ton se réserve, s’attendrit. « I can’t stand you, and I can’t stand to be without you. »

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MessageRe: Bitter [feat. Dorothy] | Dim 12 Nov - 15:12


Elle s’en veut. Immédiatement. Le fouet invisible claque le long de son dos, laisse la douleur sifflante filer jusqu’au bout de ses doigts. Elle ferme les paupières, d’une envie plus forte que la raison de disparaître, dans l’instant. Ses épaules sursautent, lorsqu’il reprend la parole, et son corps tout entier se tend, en attendant le coup. Physique ou non, elle s’attend au retour de bâton, plus violent encore que la première punition. Munie d’une fierté qui la perd, elle serre les dents, joue à l’imprudente, à l’idiote, qui prétendra n’avoir peur de rien. Elle s’y noie, pourtant : dans la crainte, paralysante. Posée sur ses épaules, à chaque jour de son existence, elle ne lui semble pourtant jamais plus pesante que lorsqu’il est là, devant elle. Elle va partir. Elle va le lâcher, et elle va partir, tourner le pas, pleurer, regretter, s’en vouloir, se reprendre, s’enfermer, se haïr.

Elle plisse à peine plus les paupières en sentant ses doigts s’abattre sur sa joue. Elle ne sait pas si elle a mal. Peut-être. Tout ce qu’elle sait, c’est que le coup aurait pu être pire, qu’elle ne le comprend pas, à nouveau. Ses yeux se rouvrent, et elle frissonne, tout en s’en voulant, du semblant de tendresse qu’il lui accorde. Elle s’accroche à ses yeux, retient sa respiration et espère qu’en s’approchant, il se fondra en elle. Ses mots vibrent, rebondissent, et malgré tous ses efforts, elle en retient plus le ton que la contenance. Plus elle veut s’accrocher, plus l’envie de fuir monte, et elle s’en veut déjà de sa mémoire qui ne lui permettra pas d’oublier ses paroles. Elles la blessent. Elles l’encensent. Rien n’a de sens. Tout est un extrême et son opposé. Tout le temps.

Il tient toujours son poignet. Fermement. Elle aussi. Boucle. Elle ne veut pas détacher ses doigts. La peur l’assourdit. Dorothy finit par inspirer profondément. Les larmes ne coulent plus : elle ne sait plus bien ce qu’elle ressent, sait seulement que c’est trop, bien trop. Son corps tangue, et elle vient attraper ses lèvres, une seconde, maladroitement, d’un équilibre qui lui manque encore plus de l’absence de contrôle de ses bras. Son regard se baisse, ses yeux papillonnent, et elle relâche la pression, laisse finalement son bras revenir près d’elle. Il peut la lâcher. Il peut partir. Elle n’est plus bien sûre, pourtant, d’être capable de le laisser faire. “Then take it. Take me. I’m yours” Qu’il lui accorde le droit de se défaire de cette responsabilité, celle de sa propre douleur et de sa propre joie, de son apathie éternelle. S’il a besoin qu’elle le lui dise, pour qu’il choisisse enfin un pied, elle le fera. Elle s’attend déjà, pourtant, à la découverte de l’imposture, à sa déception. Au moins, rapidement, il ne la voudra plus, et elle cessera d’espérer.
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