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Bloody Ghoul
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Mer 23 Aoû - 21:01
We are the thing of shapes to come

Quatorze jours de suite qu’il passait à l’université. Et non seulement qu’il y passait, mais il y restait, des heures à la fois. À travailler sur sa thèse, ni plus ni moins. Admirable, oui, vraiment. Incroyable. Quel changement d’attitude. Lui qui, avant cela, ne se donnait que tout juste la peine de se présenter une fois par semaine. Et même ça, c’était être généreux. Wishful thinking. Quatorze jours qu’il s’y rendait le matin, tasse de café à la main, et qu’il s’installait dans ce bureau réservé aux étudiants de niveau supérieur. Donnez-lui sa mention honneur tout de suite, par Merlin. Son prix Nobel. Soulignons cette transformation radicale et ô combien la bienvenue. Quatorze jours qu’il avait remarqué qu’il partageait cette pièce avec quelqu’un. Quatorze jours qu’il lui avait carrément ouvert la porte dessus, sans s’excuser, l’air agacé. Mais qui, bordel, s’était mis dans son chemin? Quatorze jours qu’il l’avait vue. Elle et ses grands yeux, et son grand sourire, et sa douceur qui lui avait serré la gorge, qui l’avait tout de suite étouffé, qui l’avait répugné.

Dix jours qu’il avait décidé qu’il allait en faire quelque chose. Sans savoir exactement ce qu’il allait en faire, mais il refusait de laisser quelque chose comme cela passer sans qu’il puisse mettre ses mains dessus. Ses hanches, peut-être. Sa mâchoire. Son cou. N’importe quoi. C’était le genre de chose qu’il saurait seulement une fois qu’il allait y avoir goûté. Littéralement ou non.

Neuf jours qu’il s’était fait violence pour se convaincre de la laisser aller. De lui donner une chance de sortir de cette pièce, de cette université, sans s’être frottée à ses épines. Neuf jours qu’il s’en était voulu d’y avoir même pensé. C’est qu’on croirait que d’avoir déjà eu un cadavre sur les épaules, sous les lèvres, sous les paumes, ça lui aurait appris une leçon. Don’t touch them, you fucking lunatic. You’ll hurt them. You’ll kill them. C’est tout ce que tu sais faire, après tout. Effleurer d’abord. Attraper ensuite. Puis serrer. Serrer jusqu’à l’orgasme, jusqu’aux hoquets, jusqu’aux derniers soupirs. Un jour, peut-être, tu apprendras que tu ne mérites rien d’autre que d’être seul avec tes démons. Laisse-les faire ce qu’ils ont à faire. Laisse-toi aller, et épargne le monde de ta crasse. Il avait fait taire cet éternel dialogue d’une poussée de liquide sale dans les veines.

Sept jours qu’il avait envoyé promener sa conscience, au creux de ce tiroir sans fond avec le reste de ses valeurs négligées.

Deux jours que ça le démangeait, que l’envie lui grimpait à la peau et lui chatouillait l’imaginaire. Il ne tiendrait plus bien longtemps. Elle avait encore la chance de s’en sauver. Mais pourtant, elle ne le faisait pas. Idiote. Soon enough, you won’t be able to hide, anymore.

Tout ça, et ils s’étaient à peine parlés. Une pique ici. Un commentaire là. Passe-moi l’agrafeuse. Viens la chercher. Sourire. Ça lui prenait tout pour qu’il puisse se concentrer sur ce qu’il était supposé faire dans ce bureau. Phillip ne faisait pas semblant. Sauf si ça pouvait lui permettre de revoir ce sourire. Fuck, ce sourire. Il s’y serait baigné. Il s’y serait noyé.

Il était environ 20h lorsque l’Anglais soupira un peu bruyamment alors qu’il s’étirait, presque félin, vers l’arrière, le dos toujours appuyé sur sa chaise. Cette thèse était affreuse pour sa posture mais bon. Ce n’était certes pas la pire chose qu’il imposait à son corps. Il passa ses deux mains contre son visage, hésita. Elle était encore occupée, sans doute. Elle avait mieux à faire. Elle allait rester ici, sans doute. Oui, sans doute. Et c’était mieux comme cela. Harker rangea ses choses dans les tiroirs de son bureau, replaça un ouvrage de référence dans la grande bibliothèque qu’ils partageaient puis s’approcha de la porte, bras tendu vers le porte-manteau qui se trouvait tout près.

Keep quiet. Don’t say a word, let her be. Keep your dirty mouth shut. Rien de bon ne peut en sortir.

Il humecta ses lèvres du bout de sa langue, si prête à darder ces quelques mots qui lui brûlaient la bouche de ne pas être prononcés. Phil enfila son veston, l’ajusta sur ses épaules d’un mouvement souple.


« Laisse-moi te payer un verre. », dit-il, voix basse, calme, chaude, presque invitante mais ferme tout à la fois. Des menottes de cuir doux.

Le regard d’ambre de l’Anglais trouva celui de la Peste qui, depuis deux semaines, lui pourrissait la vie.


Tenue de Phil pour le RP:
 

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Nimh
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Jeu 24 Aoû - 6:01

Elle a l’impression de ne relâcher son souffle que lorsqu’il passe la porte, la nuit tombée, et que le silence vient l’envelopper, la seule trace de sa présence passée dans son parfum. Son cœur se tort, impressionnée, effrayée, et elle n’y peut rien, n’en connaît pas la raison, ne tente pas de la chercher. Elle en perd sa concentration : depuis deux semaines, elle a autant avancé dans son travail qu’elle l’aurait fait en quelques jours dans un autre endroit. Pourtant, elle pousse la porte, jour après jour, dans une attente fiévreuse d’affronter son froid regard, qu’il ne porte que peu sur elle. Elle a l’impression qu’il la méprise, et sans savoir pourquoi, son attention n’en est que multipliée. Penchée sur ses parchemins, son souffle vient tordre ses entrailles, et parfois elle se l’accorde, un regard dans sa direction, après de longues minutes de délibération. Il lui fait peur. Il l’attire irrésistiblement.

Elle ne met pas de mots dessus, ne le tente même pas. Ses pensées sont un brouillard, qu’elle tente de concentrer sur la tâche à accomplir. Elle se perd dans ses livres, mais bien souvent se rend compte que plusieurs pages ont été tournées sans qu’un mot ne soit enregistré. Elle souffle, imperceptiblement, et maudit son cerveau volubile de la perdre dans de tels états.

Il n’a fait preuve d’aucune gentillesse à son égard, aucune preuve d’affection. Et chaque mot lancé comme un sifflement entre les dents lui semble pourtant une raison de vouloir en savoir plus. Une fascination qu’elle sait malsaine et qu’elle tente de réprimer trop de fois, pour baigner dans une culpabilité qui n’efface en rien les maux. Elle se sent faible, petite, et ses gestes en sont moins assurés, son esprit embrouillé. Lorsque la clarté revient à nouveau, marchant lentement jusqu’à sa chambre, elle se sent prise d’une anxiété, logée au creux de son sternum.

À présent, les heures s’écoulent, sa plume crisse contre le parchemin et ses mains sont tâchées d’encre. Elle tourne les pages, se délectant des gravures, sans se laisser pourtant le temps de se laisser distraire. Constamment sur le qui vive pour ramener son attention, dans une crainte du temps qui s’écoule bien trop consciente. Elle l’entend, son soupir, sent son crâne frémir. Il va partir, bientôt, il commence à se faire tard, la nuit est sûrement tombée. Dolly garde ses yeux vers le bas, mais ses oreilles suivent le mouvement. Il range, se lève, elle entend quelques pas, un bruit d’un habit enfilé. Elle feint la concentration, comme si elle n’avait rien remarqué, que cela ne lui faisait rien.

Il parle. Elle relève les yeux, croise son regard, étouffe. Ses lèvres restent entrouvertes un moment, à retourner la phrase à l’intérieur de son crâne, à questionner sa réalité. A-t-elle bien compris ? Mais il s’adresse bien à elle, la perce, et elle sent ses intérieurs se retourner. Dorothy finit par hocher la tête, silencieusement, que faire d’autre ? Sa formulation ne donne liberté à une autre réponse, même si elle ne s’en rend pas compte. Elle se perd, un instant, ses paupières papillonnent, avant que ses mains ne s’activent, à rapidement ranger tout ce qui a été étalé sur son plan de travail. Des papiers qu’elle remet hâtivement les uns au dessus des autres (elle s’en maudira sûrement le lendemain), avant de se redresser comme un I.

Elle aurait aimé qu’il passe la porte, qu’il la laisse suivre, à quelques pas plus loin. Elle veut pourtant pouvoir marcher à côté de lui, profiter de cette proximité inespérée. La jeune femme s’approche de lui, elle n’a pas de veste, se contente d’un fin t-shirt à bretelles et d’une jupe qui vient caresser ses chevilles. Elle vient croiser les bras, d’un instinct de protection, et s’élance hors de la pièce. Elle frissonne de le laisser derrière son dos, dévale les couloirs et les marches pour sortir du bâtiment. Elle n’a aucune idée d’où il veut se rendre, elle lui en laissera la liberté une fois l’air venu pour lui rafraîchir les idées. Et une fois la porte principale de l’établissement passé, elle se retourne vers lui, gardant ses bras fermement en dessous de sa poitrine. « Où veux-tu aller ? » Un léger sourire, une invitation, qui lui semble malvenue. Elle ne devrait pas, elle ne devrait pas, elle ne devrait pas. « On peut aller à la Banshee hurlante mais.. il y a sûrement du monde » Elle tente de ne pas baisser le regard, lutte contre ses instincts. Elle se sent soudainement idiote, il lui a proposé d’aller boire un verre, sûrement moins avec l’intention de parler spécifiquement avec elle que d’arriver accompagné à un endroit bondé. Elle déglutit. « Je te suis » finit-elle pas dire, abandonnant et baissant le regard.
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Bloody Ghoul
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Jeu 24 Aoû - 12:43
Son commandement était resté pendu dans la lourdeur de l’air, quelque part entre ses lèvres et les oreilles de la peste. Tel ceux gravés dans la pierre pour assouvir les incertitudes des pieux et déistes, il n’était pas ponctué d’une interrogation. Il était ferme et immuable. Une vérité, non pas une question. Une certitude qu’il allait lui faire avaler. En temps normal, il aurait fait… quelque chose. Aurait haussé un sourcil, raclé sa gorge, soupirer sèchement. Que son impatience se fasse sentir sans qu’elle ne soit exprimée par des mots. Passif-agressif – pour les rares fois qu’il penchait vers le côté passif de la chose. Mais il était resté silencieux, droit, ne bougeant que pour permettre à son torse de gonfler sous les souffles qui l’habitaient. Regard fixe et perçant mais sans attente. Lui laisser croire qu’il n’en avait rien à foutre qu’elle se joigne à lui ou non. Lui laisser croire qu’il serait capable de la chasser d’un frôlement, comme on chasse une poussière. Qu’elle se sente passagère dans sa vie, et qu’il devienne nécessaire dans la sienne. You’re one twisted fuck, aren’t you, Harker? L’heure n’était plus à se poser des questions de toute façon, il avait déjà essayé de le faire et il avait échoué. Sa vertu n’avait jamais eu la chance d’éclore et, à chaque fois qu’il la sentait vouloir naitre en lui, la vie lui donner une raison de la tuer. C’était trop tard pour lui mais elle. Elle pouvait encore se sauver. Secouer la tête. Se lever et filer vers un sanctuaire où il n’irait pas la rejoindre. Maison de briques.

Le silence se brise avec le bruit effréné de parchemins se frottant les uns aux autres. Et ce n’est que lorsqu’il sait qu’elle ne le regarde pas qu’il se permet un mince sourire. Petite victoire maline et malicieuse. Première poussée vers un abîme dont lui-même ne connaissait pas le fond. Les yeux de l’Anglais surveillent le trajet des mouvements de la rouquine, absorbent sa quasi-panique et s’en réjouissent. Obsessif, presque. Come on, do something. Show me something. Show me you want it. Sa moue change, s’endurcit lorsqu’il sent l’attention de la peste revenir vers lui. Il s’amuse imperceptiblement, toutefois, du fait qu’il ne connaisse pas même son nom. Rien. Ni d’où elle vient, ni ce qu’elle fait, ce qu’elle aime, ce qu’elle déteste. Pas que ça importe. Il feint l’impatience d’un tapotement rapide de ses doigts sur le paquet de cigarettes niché dans sa poche de jeans et, lorsqu’elle se lève, il lui indique la porte d’un mouvement de tête, la laissant sortir devant lui.

Ce geste n’a rien de poli. Il sert une fonction. Celle de l’observer. Prédateur. Ses pas sont lents, lourd, alors qu’il la suit de près. Il étudie sa démarche – hésitation, malaise.  Il examine son corps, de ses chevilles maigres à ses épaules frêles, en passant par la petitesse de sa taille. Sa peau est parfaite, blanche et intouchée. Une neige tout juste tombée sur la plaine. Parsemée ici et là par des taches de rousseur. Des oiseaux.

L’air frais le frappe au visage et il l’inspire longuement, regard se tournant vers la lune toujours basse dans le ciel, caressée par quelques épais nuages, gris sur blanc sur noir. C’est lorsqu’elle se tourne pour lui faire face qu’il prend le temps de vraiment la regarder dans les yeux, d’épier cette peur et cette fascination qui tentent de s’y cacher mais qui échouent. Ses iris effleurent ses lèvres, son menton, puis sans un mot, il défait la fermeture éclair de son veston. Se glisse derrière elle, dépose le vêtement chaud sur ses épaules. L’ajuste brièvement, subtilement, ses doigts serrant tout juste - presque imperceptiblement -  les bras se trouvant à présent dessous avant de s’éloigner d’un demi-pas.


« This is Scotland, not Barbados. It’s cold out. », dit-il, encore tout près, avant de reprendre la marche vers le sentier qui traversait la forêt pour se rendre au village.

Il marche au même rythme que la peste, cette fois, s’adapte à son pas, à sa cadence. L’air vif tapisse la peau malmenée de ses bras de chaire de poule. Mais il n’a pas froid. Il fouille sa poche, en ressort son paquet de cigarette et vient y attraper le reste d’un joint qu’il glisse entre ses lèvres. Il l’allume, aspire, avide, la fumée épaisse et grise et, après l’avoir laissée étreindre ses bronches, la relâche par les narines alors que sa main vient tendre le court bâton de marijuana vers la rouquine. Un test. Un parmi tant d’autres qui furent et qui viendront.


« Sur quoi tu travailles? »

Il la regarde à nouveau et, pour la plus innocente des secondes, profite du doux baiser des rayons lunaires sur sa joue.

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Nimh
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Dim 27 Aoû - 11:33

Elle a l’impression de s’accrocher à chaque mouvement qu’elle peut percevoir. Et alors que son regard la perce, la creuse, jusqu’à lui donner envie de disparaître, elle sursaute légèrement en apercevant son aîné détacher sa veste. Ses yeux s’écarquillent imperceptiblement, et ses lèvres s’entrouvrent, comme dans une prémonition qui lui semble inexacte. Sans qu’elle n’aie le temps de prononcer un mot, il disparaît de son champ de vision et frissonne de sentir le tissu rugueux contre ses épaules. Elle a envie de protester, et pourtant reste parfaitement immobile, et silencieuse. Ce n’est même pas un geste affectueux, on ne peut le qualifier de tel, et pourtant son coeur s’emballe. Elle souffle, baisse les yeux, profite de ce moment de répit à l’abris de son regard, et se rend compte qu’elle n’arrive plus à le relever. Il lui semble percevoir le contact de ses doigts, et elle s’y rattache autant qu’elle veut l’oublier : elle se sent hors d’elle même, se hait de succomber à si peu. Elle s’éclaircit la gorge, attendant la marche à suivre, l’écoute sans broncher avant de se mettre elle même à la marche, quelques pas derrière lui.

Il lui a imposé son odeur. à chaque pas, elle semble s’élever du tissu noir pour venir lui chatouiller le fond des narines. Dolly est incapable de dire si c’est agréable, ou pas, son ventre se tend d’une ambiguïté déconcertante. Alors qu’elle raccourcit la distance qu’elle a laissé s’établir plus tôt, Dorothy lance un regard vers les bras nus du jeune homme, avant de se reprendre et de revenir fixer droit devant elle. Elle se fait la réflexion, mutine, du fait qu’il puisse marcher au même rythme qu’elle, peu de gens s’y complaignent, tant elle semble n’avoir aucun intérêt pour arriver rapidement ou à l’heure vers ses destinations. Son pas est léger, fait à peine du bruit sur le sentier, et il lui semble qu’elle y fait des efforts pour ne pas perturber le silence qui vient les envelopper. Il sort un paquet de cigarettes, fume. Dorothy pince les lèvres, dans un effort pour ne pas tousser, et l’odeur vient rapidement lui prendre la tête. Seulement, elle ne dit rien, et lorsqu’il lui tend le joint, ses muscles se crispent.

Cela ne la surprend même pas, que la première question soit de savoir ce qu’il attendait de sa réponse, plus que de sa propre volonté. Elle ne peut pas dire non, elle ne peut pas dire oui. Pour briser l’attente qui devient pesante, elle éclate de rire “ah.. non, j’ai un peu la tête qui tourne” elle ne ment pas, se sent tirée d’affaire, croise à nouveau ses bras autour d’elle même. Elle a peur, de ce qu’il va penser. Elle ne devrait pourtant même pas y porter attention. Un soupir s’échappe de ses lèvres, et elle profite de sa question pour oublier son hésitation. “Pour le professeur Lehtonen… Il sait que je voudrai probablement pousser jusqu’à l’Ultimum alors il me donne des travaux supplémentaires, d’un commun accord bien entendu… Je travaille sur l’utilisation de certaines plantes dans la guérison de certains troubles mentaux et leurs répercussions au niveau cognitif… Je me concentre principalement sur la dépression. Pour l’instant. Mais je me perds, car j’ai pris trop large. Pour l’instant ça ne me dérange pas, le temps est bien dépensé.” Elle rit légèrement et dénoue ses bras pour les étirer, un peu plus détendue de parler de quelque chose qui fait monter son énergie. Pourtant, le sujet est tout sauf gai : plus c’est personnel, plus elle l’écarte avec un sourire, de toute façon. “ce qui explique en partie pourquoi nous travaillions dans la même salle. j’étais curieuse de votre sujet de thèse. est-ce que c’est malpoli de le dire ?”

Elle noue ses doigts derrière son dos de façon enfantine. Sa frustration transformée, celle qui ne comprend pas pourquoi les sorciers ne peuvent pas participer à la résolution de ces problèmes, chez les moldus. Elle envoie un caillou plus loin avec sa chaussure. “Je ne sais pas le sujet exact de la votre, j’ai juste entendu.. Des choses.. par là. Alors voilà. Et puis je me souvenais de vous de Poudlard” lance-t-elle dans une nervosité la rendant bavarde. “Désolée” finit-elle par lancer dans le vent, sans trop savoir pourquoi ça lui est venu comme ça.
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Lun 28 Aoû - 12:55
She said no.

Son refus est subtil. Lâche, même. Une excuse comme celles qu’il entend à tous les jours, dans la voix de ceux qui le méprisent et qui ont pitié de lui, tout à la fois. Un dégoût et une peur qui expriment bien plus que les mots que l’on daigne rarement lui adresser. L’indignation s’installe au plus creux de ses membres. Mais elle n’est pas seule. Une curiosité, une fascination malsaine s’y est accrochée et, ensemble, elles lui serrent le ventre jusqu’à la nausée. Un spasme lui traverse les doigts. Un spasme avide de vouloir empoigner sa nuque pâle. De vouloir lui jeter le joint au visage.  Qu’elle le bouffe, la garce, comme elle lui dévore son attention et sa volition. Les dents de l’Anglais s’accrochent discrètement à l’intérieur de sa joue. Imperceptible, ou presque. Breathe.

Pour toute réponse, il lui offre un hochement de tête et revient fixer le joint entre ses lèvres. Il évite son regard un instant, pour ne plus voir ses yeux parcourir les dizaines de marques et cicatrices qui lui rongent la chair.  Son histoire écrite dans sa peau à coup de seringues. Mais il ne les cache pas, ne les cachera jamais. À quoi bon, de toute façon? Le monde sait. They know what hides in my own darkness. Under my skin and within my veins. They know my failures and my disgraces. What they don’t know is how ashamed I am. And they never will. La haine passe et s’affaisse sous les violences cérébrales qu’il s’impose, et il ne reste qu’un intérêt piqué, viscéral et impossible à raisonner – pas qu’il tenterait d’en faire quoique ce soit, de toute façon. La seule façon qu’il avait trouvé d’apaiser ses vices et désirs, c’était d’y céder. D’où l’invitation. Elle était devenue l’une de ses mille manies, et ni l’un ni l’autre ne savait encore à quel point.

Les yeux d’ambre du brun retrouvent le visage de la peste alors qu’elle lui explique le projet qui semble occuper la plus grande partie de son temps. Il ne retient pas le sourire qui lui chatouille le coin des lèvres et le rire jaune – bas, discret -  qui émerge d’entre elles, accompagné d’un filament de fumée. Of course, songe-t-il en secouant légèrement la tête. Frustré, dépassé, impressionné. La voix de la jeune femme vient s’éteindre et se fondre en une excuse qu’il chasse d’un bref mouvement de la main dans sa direction. C’est pas la peine, surtout pour quelque chose d’aussi banal. Il n’avait jamais cru en demander pardon. Ça ne sert à rien. Une perte de temps et de souffle, et souvent si peu sincère. If people were that sorry, they’d shut up and do something about it. Sorry is for when you feel so terrible you can’t stand yourself. Sorry is when you’re begging for forgiveness. Not for talking too much.

Phillip reste silencieux un instant, rassemblant ses idées et profitant de l’étreinte paisible de la marijuana sur ses neurones. Il éteint le bout rougeâtre du joint d’un pincement vif et solide et le remet dans le paquet, qui retrouve vite sa place dans ses poches.  Autour d’eux, la forêt s’épaissit et, malgré le sentier sur lequel ils marchent, la nuit devient plus noire. D’un demi-pas, il s’approche d’elle. Bras effleurant le sien, comme un coup de vent.  


« Je travaille sous Randolph. Sujet semblable, comme tu l’as soulevé, ça n’est pas surprenant qu’ils nous fassent partager un bureau. J’étudie le phénomène de l’auto-médication via les drogues récréatives pour traiter les problèmes de santé mentale. And I’m trying to further that research by finding ways in which these drugs or narcotic plants - or combination of plants and drugs - could legitimately help control or cure symptoms.  »

Au loin, la lueur bienveillante du village commence à se faire voir à travers la densité des arbres et du sous-bois. Il le remarque, comme il remarque sa propre loquacité. Sa civilité synthétique se fait voir, comme son humanité. His edges aren’t as sharp, even if just for a moment.

« C’est… controversé, disons, mais semblerait que l’on apprécie ma contribution. »

Euphémisme. Son génie fascinait plus que son humeur effrayait, et c’était bien là la seule raison pourquoi il était toujours autorisé entre les murs de l’université. Même si, à ses yeux, les gens avaient pitié, sans plus. La tête de l’Anglais se tourne et se penche légèrement vers la rouquine, et sur son visage, un fin sourire perdure. Confiant et intrigué, comme le regard qu’il vient imposer aux yeux de celle qui le rencontre.

« Is that what you’ve heard? »

Il marque une pause mais, avant de la laisser répondre, il ajoute, le même air détestable, impérieux et ensorcelant au visage :

« And as for Hogwarts, I’ve been told I tend to make a lasting impression…»

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Ven 1 Sep - 13:27

Elle parle, elle parle. Elle meuble, surtout, cette drôle d’impression qui se balade sous sa peau. L’écarter, l’oublier, sourire et brise le silence de paroles insignifiantes. Elle a presque envie qu’il n’y réponde rien, qu’il passe outre ce qui se déverse d’entre ses lèvres. La honte vient la chatouiller, et son visage se ferme un peu après son excuse, comme une enfant prise sur le fait. Dolly a l’impression d’être rentrée sans faire exprès dans une classe d’un niveau plus élevé, et elle regrette presque le fait d’avoir répondu aussi vivement à son invitation. Le creux de son ventre, pourtant, s’anime de frissons qui la renforcent dans sa décision, et elle écarte d’un revers de main ce paradoxe qui commence à l’embêter. La jeune femme acquiesce, face aux explications de Philip. Elle n’avait pas imaginé qu’il prendrait la peine de faire plus d’une phrase complète pour elle, et se sent curieusement reconnaissante de tant de bonté. Elle prend un rien pour se contenter.

Il se penche vers elle. Ses poils se redressent, et elle relève le regard, dans un réflexe qui la perd. Il sourit. Ses boyaux se tordent, et elle ne peut pas détourner les yeux, qui oublient de cligner. Elle ferme rapidement sa bouche, consciente de son air de poisson hors de l’eau, et retient sa respiration. Elle cherche, quoi répondre, dans un empressement étouffant, avant de se faire devancer, à nouveau. Finalement c’est à elle. Elle en a oublié sa réplique.

Pour reprendre ses esprits, elle fait un pas en arrière, établir une distance de sécurité, se laisser souffler. Elle adresse un sourire gêné à Philip et marche un peu plus loin, l’air un peu coupable, la sensation d’avoir fait quelque chose qu’il ne fallait pas. Elle s’éclaircit la voix. Regrette la nuit qui ne la rassure pas. Heureusement, les lumières sont visibles non loin, et elle sait que sa gêne s’évanouira bientôt. Elle l’espère, tout du moins. “Ah ?” finit-elle par dire, avec un demi sourire, en réaction à sa dernière phrase “c’est fréquent, les anciens camarades qui viennent vous adresser la parole avec des étoiles dans les yeux ?” elle rit doucement “beaucoup de femmes, sûrement” ajoute-t-elle à demi mots. Elle ne doute pas de sa popularité auprès de la gente féminine : en effet, il a tendance à s’imprimer dans l’esprit des gens. Elle se rappelle d’amies à Poufsouffle, qui chuchotaient souvent à son sujet. Sûrement comme le bad boy des films moldus.

“ne croyez pas obtenir quoi que ce soit de moi grâce à ça.” dit-elle d’un air blagueur, pour essayer de détendre l’atmosphère qui lui pèse. Il ne manquerait plus qu’il se rende compte de l’effet qu’il a sur elle, effet qui jusqu’à maintenant n’a aucun sens ou base logique. Elle accélère le pas, pour être baignée des lumières dans une chaleur réconfortante. Le bruit des conversations bourdonne jusqu’à eux, dans une rumeur lointaine, et elle soupire un peu, comme revenue d’un long voyage.
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Bloody Ghoul
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Dim 3 Sep - 20:44
I wanna watch the way you creep across my skull

Oh, my… What do we have here?

Il connait l’effet qu’il peut avoir sur les gens. Effet contradictoire et soudain, bien que prévisible. Il connait la luxure des yeux et des lèvres d’un être avide de son vice et de ses drogues. Il connait la brûlure d’ongles plantés dans sa nuque, sur ses fesses, de morsures affamées contre son torse. Il connait les supplications de ceux et celles qui n’en ont jamais assez. Il connait aussi le dégoût d’une moue répulsée, l’acide des mots qui se veulent blessants. Il connait la peur d’un regard fuyant, l’inconfort d’un pas qui s’accélère, le malaise face à tout ce que les gens savent déjà de lui. C’est l’un ou l’autre. Les zones grises s’effacent lorsqu’on le confronte, pour ne laisser derrière que le noir le plus profond et le blanc le plus pur. Et au fil du temps, le brun a su trouver un réconfort dans ces attitudes familières. Ça n’était généralement pas bien long avant que Phil puisse prévoir le genre de relation qu’il aurait avec ceux qui croisaient son chemin. D’une façon ou d’une autre, ce serait éphémère, passager. Une tempête. Qui vient, qui détruit, qui s’éteint. There is comfort in knowing that both the hatred and the passion are meant to end.

Mais la Peste, elle, ne semble pas répondre à cette constante. La Peste est insidieuse, sans vraiment le vouloir. Elle se faufile, discrète, silencieuse, voire timide. Elle est subtile, ne s’annonce pas, parle à peine au-dessus d’un murmure. Mais malgré tout, elle s’impose et se fait voir. Parce qu’elle n’est pas comme les autres. Elle ne se jette pas dans ses bras, elle ne le rejette pas. Et pourtant, elle le veut autant qu’elle en a peur. It’s written all over her face, a magnificent conflict that I’ll gladly keep feeding. Until it drives her crazy. All that’s left to see if how long she’ll last.

Le sourire de l’Anglais s’élargit au fil des mots de la rouquine dans un air à la fois amusé et surpris, tant qu’il en laisse un rire bas et sincère s’échapper de sa gorge. Il secoue légèrement la tête, sa main effleurant la base de sa propre nuque alors que ses yeux passent de la Peste au ciel, qui se dégage lentement de l’étreinte des branches planant au-dessus d’eux.  Ses dents s’accrochent un instant à la chair de sa lèvres inférieure avant qu’il ne reprenne parole.

« Ça n’est généralement pas ce qui se passe, non. L’impression qui persiste n’est pas positive. Ou si elle l’est, on ne m’en fait pas part. Luckily, I couldn’t care less. »

Le pas de Phillip passe au-dessus d’une racine traversant le sentier et, alors qu’il le note d’un ``Watch your step`` presque attentionné, il vient poser sa main contre le dos de la jeune femme. Toucher fugace, fugitif, à peine arrivé déjà achevé. Il reprend la parole et, cette fois, alors que leurs visages se retrouvent éclairés par la lumière chaleureuse d’une rue animée, il accroche le regard de la Peste du sien et ne le laisse pas s’échapper.

« You’re the first one in quite a long time. For better or for worse. But I don’t mind the starry eyes. »

Premier éclat de flirt. Bref, subtil, modéré et calculé. Don’t show her how much you crave that attention, how much more you need from her. Un souffle vient habiter son tronc avant qu’il ne les dirige vers une autre rue d’un signe de tête, s’éloignant ainsi de la Banshee Hurlante. Il sait exactement où trouver cette intimité qu’il recherche – c’est lui qui l’a créée.

« T’as déjà entendu parlé du Bloody Ghoul? »

Spoiler:
 

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Lun 4 Sep - 5:17

Détaché de tout. Il l’impressionne. Elle l’envie un instant, dans l’indépendance de son existence, et la façon dont il laisser passer son regard au dessus de tout sans jamais s’arrêter sur un élément en particulier. Rien ne semble l’atteindre. élégant paradoxe avec les traces sur sa peau : le concept vient piquer sa curiosité et sans s’en rendre compte, son intérêt n’en est que décuplé. Dorothy n’a jamais considéré son propre esprit particulièrement compliqué : elle s’est installée et se complait dans une simplicité qui la laisse naviguer dans sa vie sans encombres. Au fil des années, elle a mis en place des stratagèmes (pourrait-on vraiment l’appeler manipulatrice, d’utiliser la bonté pour échapper à toutes remontrances ?) qui lui permettent d’être totalement… en sécurité. D’une certaine manière, elle est persuadée que rien ne peut lui faire du mal, également. Avec les gens (ceux qu’elle connaît, en tout cas), elle a réussi à capter assez des règles sociales pour en retirer ce dont elle a besoin. le processus est majoritairement inconscient, et lorsque son esprit met le doigt dessus, elle écarte rapidement ce fait qui la dérange trop. Une spontanéité feinte ? Elle n’en sait rien. ne sait même pas si qui que ce soit peut être totalement lui, de toute façon.

Elle est arrêtée dans sa réflexion par une main dans son dos. Des muscles dont elle ne soupçonnait l’existence se tendent sous le contact, et elle se mord un peu plus fort l’intérieur de la joue, jusqu’à craindre d’en saigner. Sa main est aussi vite partie qu’arrivée, et pourtant, son empreinte semble imprimée. Elle pourrait en tracer les contours du bout de l’index. Il s’infiltre, l’air de rien, la fait douter de sa non implication dans son cas particulièrement. Elle se balance au bord, une délicieuse envie d’y croire, de prendre les indices parsemés comme des miettes et d’en faire une miche de pain. Il ne lui laisse jamais le temps d’aller plus loin, peut-être se rend-il compte que ses interventions la laissent dans un flottement, à nu ?

He doesn’t mind. elle en frissonne, détourne le regard, suit ses pas à nouveau, se frotte l’avant bras sans s’en rendre compte, d’une allée et venue de son doigt préoccupé. Ils passent la banshee hurlante, et elle craint de tourner la tête, de lui montrer qu’il n’a pas remarqué la porte. Sûrement parce qu’au fond, elle sait qu’il n’a pas du tout omis quoi que ce soit. Il a une autre idée en tête, voilà tout. à sa question, elle secoue la tête de droite à gauche. Elle ne s’est pas trompé. The Bloody Ghoul.. Peut-être qu’on lui en a déjà parlé, mais si tel est le cas, elle a vite effacé l’information de son esprit, ne la jugeant pas pertinente. ça ne doit pas être un bar, elle le saurait, ses amis l’y auraient emmené, sûrement, non ? Son visage se ferme, dans sa réflexion. Et finalement, elle se dit que le plus simple est de demander. “C’est un restaurant ?” plus simple qu’une interrogation directe, elle se protège un peu plus. “je crois que je ne suis jamais passée par cette rue. je pensais qu’il n’y avait rien ici… j’espère que ce n’est pas une plaisanterie…” Elle souffle. Quelques personnes passent à côté d’eux, mais ils n’ont pas bonne mine. Peut-être que c’est un bar après tout. Un de ceux dans lesquels les gens viennent plus seuls qu’accompagnés. Qui sait.

Elle a envie de partir. Mais le désir de découvrir ce qui se cache derrière le nom est beaucoup plus important. “tu es responsable de moi.” dit-elle, scrutant l’obscurité pour détecter l’entrée de l’établissement. Elle ne s’attend pas tant à ce qu’il la rassure, même si une partie d’elle l’espère. “si tu me fais une mauvaise blague je ne te le pardonnerai pas” susurre-t-elle comme si ses paroles avaient un quelconque impact. Elle n’a même plus contrôle de la destination: il a les rênes, elle ne peut que suivre, jamais mener, plonger dans un inconnu aussi effrayant qu’enivrant.

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Phillip Harker
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Jeu 7 Sep - 17:33
« You’ll just have to see, now, won’t you? »

Sa question est rhétorique. Flotte dans l’air autour d’eux, enveloppe leurs tympans, vient enlacer l’imaginaire de la rouquine qu’il devine déjà complètement offerte à sa volonté. Dans la mesure du raisonnable, bien entendu. Fût un temps où il l’aurait déjà avalée, toute entière, avec la rudesse qui était typique à l’époque. Sans égard pour ses hésitations. Il aurait mordu sa main tendue, l’aurait pressée à lui, étouffant et affamé. L’expérience, les remords et les regrets avaient sculptés son roc pour en faire du marbre. Lisse, froid, subtil, attrayant. On ne change pas la nature de la chose. On change ses manières, ses mécanismes, ses pulsions, même. Mais on ne change pas sa réalité. Toujours dur. Toujours immuable, inébranlable, puissant. Différent, seulement.

Quelques pas encore les mènent à une ruelle un peu éloignée du centre du village mais toujours relativement fréquenté. Au détour d’un coin, une affiche pendue au-dessus d’une grande porte de bois sombre fait danser les mots « The Bloody Ghoul », éclairs lumineux rouges et violets scintillants sur le mur externe de la bâtisse. On fait la file devant les portes. Pas une foule, mais une vingtaine de personnes de tous les genres. Un mec à l’air louche, un groupe de jeunes femmes tout à fait désirables, voire provoquantes, deux étudiants réputés timides qui, ce soir, semblent afficher des couleurs différentes, trois-quatre quidams tous plus uniques les uns que les autres. Cimetière de moules brisés, d’attentes délaissées.  L’Anglais ne se place pas au bout de la lignée de gens mais les dépasse, saluant quelques personnes d’un signe de tête. Le blond baraqué gardant l’entrée tel un titan mythologique brise sa moue rigide lorsqu’il le voit et ouvre la porte sans un mot, la refermant derrière eux d’un même geste.

La sonorité épaisse et pénétrante de la musique lounge fait vibrer l’atmosphère à l’intérieur de l’établissement, sans pour autant en être assourdissante. L’obscurité se fend sous les rayons incandescents de phares colorés et dansants, du plafond au sol, guidant les mouvements de ceux ayant trouvé refuge sur le plancher de danse. Un sortilège curieux, d’ailleurs, rend la musique plus forte lorsqu’on se trouve dans cette section du bar, et tamise encore davantage les lumières à cet endroit. Question de favoriser la conversation pour ceux qui n’y sont pas.

Il lève une main vers la Peste, puis un doigt. Signal silencieux. Wait here. Il s’éloigne d’elle pour aller échanger quelques mots avec la jeune femme derrière le bar. Des indications bien simples. Il est là pour la soirée, en tant que client, et s’attend à ce qu’on le serve comme tel. Service exceptionnel, rien de moins. Il pose quelques pièces sur le comptoir, adresse un regard entendu à la barmaid puis lui tourne le dos pour se rapprocher de la Peste. Sa main retrouve sa place dans le creux de son dos. Sa place.

Ils se retrouvent vite devant deux grands fauteuils de velours violet, séparés par une table à café de fer forgé et de verre, sertie d’un menu de boissons. Ses paumes naviguent le long du dos de la Nihm pour se poser sur ses épaules, ses pouces effleurant sa nuque fine alors qu’il enlève le veston qui la gardait au chaud. Le pose sur le dossier d’un des fauteuils.

God, I want to kiss her. Son parfum l’enivre, lui tache la peau. Sou cou l’appelle, ses épaules pâles tout autant, sinon plus. It would be so easy. Too easy. Calm yourself, Harker. Take your time. Savour every second of this and trust that she'll give in to you.

Il se penche vers elle. Le temps semble s’arrêter, tout juste, pour qu’elle l’écoute. Pour qu’elle lui donne son ouïe, pour qu’elle n’entende que sa voix. Pas les sons de basse profonde ondulant contre les murs, pas le murmure des gens discutant et dansant dans le bar. Juste son ton. Sirupeux, onctueux, dégoulinant de promesses tues.

« Do you forgive me? »

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Nimh
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Ven 8 Sep - 14:01

Elle a du mal à interpréter les signes. Son esprit est embrumé, l’aisance avec laquelle elle se meut n’est pas celle dont elle a l’habitude. Dolly est électrisée, de ce sentiment dangereux qui vient danser au creux de sa poitrine, celui qui l’enserre un peu plus à chaque seconde pour ne lui donner aucune chance de sortie. Elle ne regrette plus. En passant la porte, les doutes s’envolent, elle s’abandonne à son coeur battant, ses joues s’empourprent. Il ne lui répond pas, elle parle dans le vent, chaque mot sorti de ses lèvres lui amène une nouvelle interrogation, une nouvelle crainte, un nouveau désir. Elle se laisse guider. C’est étrangement agréable, de donner son libre arbitre au premier venant : mais s’il n’était que ça, peut-être serait-elle déjà bien au chaud chez elle, le nez fourré dans un livre, à l’abri de tout mouvement de l’âme.

Dolly n’accorde aucun regard aux personnes qu’ils dépassent, comme par un interdit inné, et ses épaules se redressent même un peu dans sa marche. Elle se sent spéciale, c’est à elle qu’on a mis la couronne, et dans cette place qui ne semble moulée que pour elle son esprit virevolte, ses muscles se détendent et tous les signaux s’évanouissent. La musique lui chatouille les tympans, et son regard devient brillant, de celui d’une petite fille qui a envie de tout voir et tout toucher. Elle n’a pourtant pas le droit de s’échapper, et elle le comprend inconsciemment, sagement menée par Phillip qui vient reposer une main dans son dos à nouveau. Elle frissonne, ignore la tension dans son bas ventre et savoure, persuadée du caractère éphémère d’une telle aventure.

Elle se tend à son contact, retient sa respiration et ferme à demi les paupières lorsqu’il se penche vers elle. Au lieu d’un réflexe de fuite ou d’écart, son corps a envie de plonger en avant, et elle ne parvient tout juste qu’à rester parfaitement immobile, dans un stoïcisme à faire pâlir les statues. Ses mots coulent, s’échouent au loin et elle s’arrête à nouveau. Dorothy ne comprend pas. Le pardonner de quoi ? La question ne veut pas passer ses lèvres. Il lui semble sentir l’écho d’une douleur future remonter le long de sa colonne vertébrale, dans un présage déconcertant, mais bien vite, elle décide d’y rester aveugle.

Elle ne sait pas à quoi elle dit oui, mais sa tête vient acquiescer doucement. Se dédouaner de toute responsabilité, au cas où on l’accuserait de complicité. Elle est parfaitement ignorante. Se le répète, une fois, deux fois, dix fois avant de venir prendre place sur le fauteuil de velours, celui même où il a posé sa veste. Son regard monte vers Phillip, son cou se tord avec beaucoup trop d’envie, pour fixer d’en bas celui qui l’a arrachée à son engourdissement. Elle souffle à nouveau, laisse à ses poumons un peu de répit, attend que le jeune homme vienne faire face à elle, lui donne un peu d’espace, une distance de sécurité. “Est-ce que tu connais au moins mon nom ?” demande-t-elle, impudente, pinçant les lèvres dans une moue enfantine. Ses doigts viennent reposer sur le bras du fauteuil, et elle caresse le velours distraitement. Dolly s’éclaircit la voix, dans une gêne qui vient la reprendre par surprise. Son regard part sur le côté. “ce n’est pas la même ambiance que la Banshee Hurlante.” Elle se sent détonnante, hors de son territoire, intruse. “tu t’es peut-être trompé de compagnie” ajoute-t-elle finalement, relevant le regard vers lui.
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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
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Sam 9 Sep - 11:50
Spoiler:
 

Elle est aussi douce et parfaite qu’une dentelle d’héroïne valsant dans ses veines. Enlace son acétylcholine, relâche sa dopamine, embrasse son âme. Endorphines manquant cruellement à son existence. Parfum, phéromones. Ou juste une envie qui va bien au-delà de ce qu’il se permet de comprendre. Parce qu’il n’est pas assez con pour céder à ces envies passagères de, peut-être, un jour, calmer la tempête qu’il a pour cœur. Il ne la touche même pas. Ses mains flottent à leurs côtés, pouces tendus vers ses hanches mais discrets. Il l’inspire, sans plus. Et pourtant. Ce souffle lourd de promesses l’exalte et le fait vibrer, bien plus que la musique. It’s idiotic. I don’t know her. I’ve just… Seen her. Lusted for her. Wished for her presence and for her to leave, both at once. For fuck’s sake, I don’t even know her name. And, for a moment, she gives me the illusion that all is well. That I’m where I’m supposed to be. Here. With her.

Le silence de la Peste répond à sa question ; oui. Elle le pardonne de l’avoir emmené dans un endroit qu’elle ne connaissait pas, d’avoir poussé les frontières de son confort, de l’avoir incitée à lui faire confiance. Elle le pardonne de s’être fait marquant. Comme il la pardonne de s’être faite aussi tentante, consciemment ou non. Le pas qu’il prend vers l’autre fauteuil l’écorche presque, mais il n’en laisse rien paraître, s’éloignant jusqu’à venir s’asseoir en face d’elle. Il reprime l’envie de pousser de côté la table basse qui les sépare mais vient, au lieu, attraper le menu de cocktails qui s’y trouve. Simple distraction, il sait déjà ce qu’il veut boire. Mais il le feuillette quand même, meuble le silence qui, avec chaque seconde passante, se gonfle. Orage au loin, sourd mais lascif.

Un sourire vaguement amusé et espiègle courbes ses lèvres lorsqu’elle parle et, lentement, il lève son regard vers elle. Mais cette fois, il l’observe et la regarde sans pudeur. La fouille, la sonde. Trace les contours de son visage du bout des yeux, comme s’il le faisait avec ses doigts. Imagine un instant le goût du creux de son cou, le sucre de sa bouche. Il capte le mouvement de ses doigts sur le bras du fauteuil et les sent presque sur le sien, y effleurant les marques de son chaos. Et lorsqu’il la regarde finalement dans les yeux, il se sent un peu mourir.

« I choose my company very carefully. This isn’t a mistake. »

Il pose le menu sur la table et, dans un même mouvement, se lève puis s’approche de la Peste. Il plane au-dessus d’elle un moment. La regarde d’en haut, sa cuisse effleurant le bras du fauteuil qu’elle touchait un peu plus tôt. Puissance enveloppante et sans effort. Puis il s’accroupit à ses côtés et lui tend la main. Attend qu’elle la prenne et la serre. Force et chaleur se nichent entre leurs paumes jointes. Son pouce, lui, se fait câlin, chatouiller l’arc de sa jointure. Et son regard s’accroche au sien comme s’il pourrait crever d’y dévier.

« My name is Phillip. And you are…? »

Cœur cognant contre sa cage thoracique, calqué au rythme de la basse.

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Mar 19 Sep - 6:25


Elle détourne les yeux, fuit. Là où le regard du jeune homme se pose, elle sent ses poils se hérisser, la chaleur se déplacer le long du trajet, elle aurait envie de lui attacher un bandeau autour des yeux. Elle n’est que rarement dans un état pareil, et se perd à essayer de comprendre l’effet qu’il lui fait : un peu plus et elle en serait à se questionner sur un possible sortilège, une potion qu’il lui aurait fait avaler à son insu, une odeur pour dérouter les sens.. N’importe quoi, quoi que ce soit de logique, satisfaire ce petit insecte qui creuse sans trouver ce sur quoi se mettre la dent. Aucune pudeur. Elle n’est pas sûre du degré de conscience qu’il pourrait avoir en la détaillant ainsi, et Dolly, dans un soubresaut de courage enfoui, relève le regard. Pas assez bien calculé, peut-être trop bien, son ventre fond à rencontrer ses pupilles. Elle souffle.

Il est bien, pourtant, à cette distance. Sa respiration s’interrompt à nouveau, lorsqu’il décide de se dresser, prenant toutes ses supplications pour une preuve, peut-être, d’un désir caché de son inverse. Elle se mordille l’intérieur de la lèvre inférieure, tente de garder son calme, de contrôler son corps, son esprit, qui tour à tour divaguent et se posent bien trop brusquement. Ses mouvements sont félins, elle ne sait pas si c’est illusion que de voir une telle lenteur dans chacun de ses gestes, et elle reste un moment interdite face à sa main. Elle vient la rejoindre avec un empressement qu’elle regrette bien vite, mû par une peur ou une fièvre qui s’en approche, et laisse ses doigts s’engourdir. Il parle. Elle acquiesce.

“Dolly.” murmure-t-elle, avant de se reprendre rapidement “Dorothy.” Elle n’ose imaginer un degré de proximité tel pour qu’il l’appelle par son surnom, se sent présomptueuse d’avoir laissé le mot lui échapper des lèvres. Elle est bien, là. Elle est mal. Elle veut retirer sa main. Elle brûle. C’est confortable. Dans cette posture, il a tout l’air d’un vaillant chevalier, un autre l’aurait fait qu’elle aurait ri, sûrement, se serait permis une pensée du genre “c’est ridicule, mais que fait-il ?”, mais là, rien de tel. ça ne lui vient même pas à l’esprit. Elle reste un long moment silencieuse, sans s’en rendre compte, sans presque battre des cils. Finalement, la vie semble reprendre part de son corps et elle sursaute imperceptiblement. “Je suis flattée” répond-elle bien trop en retard, comme dans une pensée qui s’est perdue et est soudainement remontée à la surface. Son choix de mots est maladroit, elle ne voit pas comment elle pourrait l’exprimer, ce sentiment qui l’habite et qui lui fait relever les épaules autant que baisser les yeux. “C’est la première fois que je viens dans ce genre d’endroit” ajoute-t-elle, pour combler le silence qui lui semble maintenant pesant. Malgré la musique, qui la caresse curieusement dans le sens inverse du poil. “ce genre d’endroit”. Elle ne sait même pas ce que ça veut dire. Elle est déjà venue dans des bars. Sûrement se réfère-t-elle à l’ambiance. Qui l’enveloppe, dans un sentiment de nudité masquée qui lui est inconfortable. “Are you a regular ?” finit-elle par demander, incapable de lire entre les lignes, de comprendre sa place exacte dans le lieu.



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Phillip Harker
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Mar 19 Sep - 16:54
Il sent la fébrilité de la jeune femme qu’il a sous la main dans chacun des souffles de celle-ci, dans chacun des micromouvements indécis et hésitants de ses yeux noisette. Il vient tout juste d’en remarquer la couleur, d’ailleurs. L’ambre de son propre regard s’attardant sur les éclats verdâtres qui dansent dans celui de la Nimh, parfois caressé par les piliers de lumière colorée naissant du plafond. Il la sent frémir, chanceler dans le creux chaud de sa paume. Une fleur de matin d’été. Tout juste cueillie et arrachée à sa terre indigène, vulnérable mais pleinement éclose, affichant une fragile arrogance.  Presque trop belle ainsi pour être écrasée, malgré la pulsion animale qui lui fend les reins et le ventre, malgré les muscles de ses doigts qui veulent se resserrer sur sa peau. Eros et Thanatos entremêlés, instables amants.

Son prénom lui tombe dans l’oreille telle une chanson. Lui roule dans la tête comme il allait rouler sur sa langue dont il presse la pointe sur son palais comme s’il le prononçait déjà. Dolly. Perfect Dolly. Pretty Dolly. Come play, Dolly. I’ll let you play with me if I can play with you first. I’ll make you dance, Dolly. L’Anglais lutte contre l’appel de la peau de la jeune femme, se contente d’imprégner dans sa conscience la sensation de sa main contre la sienne. Frêle et mince mais légèrement rugueuse. Une main qui travaille. Une main aux ongles plutôt courts. Il se souvient de l’avoir vue dans un jardin, terre brune et moite entre ses doigts. Heureuse, appliquée, attentive. Comme s’il s’agissait de son chez-soi, de son nid. A home made of soil and leaves. Sa passion se reflétait dans la froide rudesse de ses phalanges.

A piece of me is falling.

« It’s a pleasure to make your acquaintance, Dorothy. », dit-il en un souffle rauque avant de se redresser lentement, son pouce serrant un tant soit peu la main de la rouquine puis la libérant alors qu’il vient se rasseoir dans le fauteuil lui faisant face. Une froideur s’installe sous son sternum. Something is missing. The briefly filled void grows once again.

Il rattrape le menu de cocktails et n’en lève les yeux que lorsque la Peste parle. Il ne l’ignore pas. Seulement, il ne parle pas lorsqu’il n’a rien à dire. Il hoche la tête. Peut-être. Presque imperceptible, signe qu’il l’a bien entendue. Il vient éventuellement se pencher vers l’avant pour lui donner le carton où sont décrites les choses à boire puis, son dos s’appuyant à nouveau contre le dossier du siège, il porte son regard au loin, lève la main devant ses yeux et, d’un bref mouvement de deux de ses doigts, somme une employée naviguant entre les tables de venir les voir. Elle est jolie, une brunette un peu ronde aux yeux pers, habillée d’une robe aux genoux noire dont les manches longues et le dos sont en dentelle, bottillons lacés à talons hauts aux pieds.

« Fancy seeing you here, Harker. The usual, I suppose? », dit-elle, le ton légèrement teinté de surprise mais tout de même agréable.

« Yes, and keep them coming. I’d also like you to get my guest whatever she wants, any time she wants it, understood? », répond-il, ferme et clair, sans en être malpoli. Son assurance et son aise se reflètent dans chacune des syllabes qu’il prononce.

Une fois la commande de Dorothy notée, la jeune femme jette un bref regard entendu à l’Anglais, puis après les avoir remerciés tous les deux d’un sourire, se dirige vers le bar. Phillip la regarde s’éloigner, une pointe d’exaspération lui serrant la mâchoire. De quoi elle se mêle, au juste, celle-là? Il maudit silencieusement le manque de subtilité de la serveuse. Bien qu’il soit vrai qu’on ne lui connaisse pas de douce moitié et qu’on le voit rarement accompagné, ça n’est pas une raison pour en faire un spectacle. Il prend un souffle. Ses doigts cessent de tapoter, agités, sur le bras du fauteuil. Se calment et l’étreignent alors que ses yeux retrouvent leur juste place contre les iris de l’étudiante assise devant lui.

« I own it. Well, half of it, anyways. » Il évite de mentionner qu’il y habite – maybe one day she’ll find out. I wouldn’t want to scare her off. Not yet. « Opened it a few years ago. It’s been do… »

C’est alors qu’il a la bouche entrouverte qu’on les interrompt, deux verres venant se poser devant eux, sur la table basse. Service efficace, en effet. Mais Merlin qu’il déteste qu’on lui coupe la parole. Il ne cherche même pas à dissimuler son agacement, jette un regard de travers à la jeune femme bien qu’il la remercie. Elle n’en fait rien – les humeurs changeantes de son patron lui sont bien connues – puis retourne servir ses autres clients. Et d’ailleurs, ça ne prend rien de plus au brun qu’une gorgée de son Jack Daniels and Coke pour que ses nerfs s’apaisent. L’alcool lui coule dans la gorge avec facilité puis, ses épaules larges bien calées contre le coussin de velours derrière lui, il parle. Sa voix est rugueuse, grisante. Transperce l’air autour d’eux, tout comme il a l’intention de lui transpercer le cœur.

« Tell me why you came here. With me. »

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Hier à 12:55

Elle frissonne d’entendre son nom de ses lèvres, se tend de la distance qu’il crée à nouveau entre eux. Elle ne sait se décider, incapable de faire sens de ce qu’elle veut, ou fuit. Ses yeux suivent son mouvement, ses poumons respirent à nouveau, libérés d’un poids, et bien vite un léger sourire vient se poser sur ses lèvres. Contentement, gêne, plaisir coupable, elle s’éclaircit la voix en essayant de faire retomber ses commissures. Sa confiance en elle frôle le sol face au manque d’intérêt qu’il lui accorde, et elle n’en est pas énervée, à part contre elle même, d’être incapable de sortir quoi que ce soit d’intelligent ou qui lui montrerait qu’elle mérite d’être regardée. Ses mains viennent se reposer sur ses genoux, ses épaules se referment, et bientôt ses ongles viennent marquer des demi lunes dans ses cuisses. Elle ne sait que faire, où regarder, décide de se taire à nouveau, dans ce silence qui tend chacun de ses membres. Son esprit tente de fuir, elle se perd dans des pensées qui filent bien trop vite, pour l’emmener autre part, à un endroit où elle se sentirait accueillie, à sa place, au lieu d’une intruse.

Il lui passe le carton, et elle a beau le parcourir des yeux, elle n’arrive pas à lire. Les mots ne se logent pas dans sa tête, et elle relit les noms et les descriptions sans parvenir à en faire sens, comme une idiote. Elle finit par décider, devant l’urgence, de choisir au hasard, ferme les paupières une seconde et les rouvre, choisissant la première chose qu’elle voit. Bien. La tension baisse un peu, au niveau de son sternum. Elle relève les yeux lorsque l’employée est à leurs côtés, tente de chercher dans son regard un peu de réconfort, dans la présence féminine un peu moins menaçante, mais repart le ventre vide. Un crispement agréable de ses entrailles vient la faire se redresser, de ce pouvoir qu’il lui accorde de part sa position d’invitée, et elle commence à fuir le regard qu’elle cherchait avidement il y a quelques secondes, dans cette culpabilité de quelqu’un qui ne se sent pas méritant. Rapidement, elle lève la carte et montre la boisson à la jeune femme, sans même se rappeler tant ce que le hasard lui avait désigné, prête à gérer quand la commande arrivera devant ses yeux. Elle entend les doigts de Philip contre le bras du canapé, ou tout du moins s’en convainc en en suivant le mouvement, ajoutant à sa propre nervosité.

Elle n’a rien remarqué de spécial, dans une naïveté et une candeur qui la parent, un stress qui l’empêche d’utiliser ses sens à bon escient, une inconsciente envie de ne rien comprendre. Dolly ne peut s’empêcher de relever le regard pour venir fixer son visage, entrouvrant les lèvres dans la surprise, lorsqu’il lui apprend qu’il est propriétaire. Elle referme vite la bouche, pour éviter d’avoir l’air stupide. Jamais aussi consciente de chacune de ses pensées, chacun de ses gestes, elle a mal, en dehors d’elle même. Elle sourit sans s’en rendre compte, de l’esthétisme de la boisson qui est posée devant elle, ratant une interaction non dite entre les deux autres personnages, les yeux plongés dans le violet pastel qui vient la calmer légèrement. Elle attrape le verre et vient le renifler, oubliant un moment la présence de Philip face à elle. Bunny. Voilà le nom. Elle est contente de son choix. Aussi sucré qu’elle.

Elle y trempe ses lèvres, dans un oubli plaisant, avant de se stopper dans son geste, ramenée à la réalité par la voix du jeune homme. Elle laisse le verre contre sa bouche, relève le regard vers lui, hait sa question, le hait lui, tremble. Que peut-elle dire. Elle n’en sait rien, s’en veut de céder à des désirs trop humains à son goût, de suivre ses entrailles, des signes physiques peu équivoques, une agitation, un manque. Elle profite de sa position pour prendre du temps, réfléchir aux mots, mais ils se mêlent, et après même sa première gorgée, elle n’est pas plus avancée sur ce qu’elle va lui dire. Elle repose le verre sur la table. “Je.. Je ne sais pas…” Elle évite, du regard, des mots, des pensées, laisse échapper un léger rire gêné, s’en veut, relève le regard, le laisse filer entre ses cils. “Tu ne m’as pas laissé le choix” Elle se dédouane de toute responsabilité, dieu qu’elle est forte, pour prendre les portes de sortie, ne jamais regarder les choses en face. Est-ce qu’il attend qu’elle lui avoue ce dont elle n’a pas conscience ? Ou devrait-elle faire dans la simplicité, lui dire qu’elle se sent comme une adolescente, temps qu’elle n’a pas vraiment quitté après tout, puis rire comme une idiote, détourner le regard, rougir, passer une main dans ses cheveux ? Ce n’est pas si différent de son comportement jusqu’à présent, et cette prise de conscience lui donne la nausée, elle est ridicule. “Et j’en avais envie” finit-elle par lâcher, reprenant son verre pour excuser son regard fuyant, à nouveau. Une gorgée. Elle soupire, trop longuement. Ses muscles se relâchent un peu, ça se sent sur son visage, dans sa posture. Celle de quelqu’un qui accepte peut-être de se mettre dans la paume d’un autre. “Je l’attendais” murmure-t-elle presque. “Pas spécialement cette situation, là… Pas spécialement un moment comme ça.. Juste..” Que tu me regardes, que tu me remarques, que tu me donne vie par ton attention. Elle frémit de honte. Ne sait comment terminer sa phrase. Panique. “Qu’on ne soit pas étrangers dans une même pièce, c’est tout. Tu m’en as donné l’opportunité, je ne voyais pas de raison de refuser.” Mensonge, ou litote, qu’importe, elle se sent sale, criminelle. Une gorgée à nouveau. Trop d’empressement. Elle tremble, espère que ce n’est pas visible, avec la distance et les lumières tamisées. Dorothy bat des cils, se perd à l’intérieur de sa propre tête, et finit par conclure. “Merci de m’avoir amenée ici.” Elle ne veut pas se sentir spéciale, ne pas imaginer être à une place qui est remplie d’habitude par d’autres, se refuse d’espérer, tente de refréner son cœur, mû de fantasmes enfantins.
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A loneliness to share [ft. Dorothy]
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