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Sinsear
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Adele Berry
Sinsear
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Dim 5 Mar - 4:34
Il faisait grand soleil en ce samedi aux odeurs de pique-nique et de bavardages futiles, qu’Adele rendit visite à Harker.

Passer un après-midi avec Phil était sans doute une bien étrange façon d’occuper son samedi et jamais Adele n’aurait envisagé côtoyer gaiement le dealer de Stornoway à la réputation sulfureuse. Avec ses manières brusques, son passé flou, ses affaires louches, Phil avait tout du type à bouffer quatre Adele chaque matin avant de se faire un rail de cocaïne. En bonne Berry-brebis, il avait redouté Phil et avait montré patte blanche pour ne pas finir en pièces.

Et puis finalement Harker avait été compréhensif. Il avait bien voulu l’écouter, bien voulu l’aider, bien voulu aider Chen. Il lui avait promis de tenter quelque chose pour sortir sa copine des griffes de la drogue.

— Samedi après-midi. Après-demain. Viens me voir ici.

Il avait acquiescé, soulagé, tellement reconnaissant. Phil était dans son camp, Phil était prêt à essayer. Adele en avait été si heureux qu’il avait l’impression d’avoir déjà gagné quelque chose. Le plus dur c’est le moment avant de se battre, après ça ne peut que s’améliorer.

Il avait encore le cœur battant en toquant à la porte arrière du Bloody Ghoul, redoutant un soudain refus imprévisible ou il ne savait quelle autre dure réalité sur la tartelette aux fraises de ses espoirs. Qu’on lui ouvre, vite ! Impatient, il mâchouilla le cordon de son gilet.

Chen le tuerait pour moins que ça, ses parents l’engueulerait, Haru serait sans doute contre, Padraig ferait une attaque et on se foutrait bien de lui avec ses plans de secours tous pétés. Heureusement pour lui, Adele avait pour principe de n’en faire qu’à sa tête.

La porte s’ouvrit enfin sur Phil et Adele débita des politesses, le sourire encore un peu crispé de ne pas bien savoir sur quel pied danser.

— Salut Phil, merci de m’accorder un peu de temps, c’est vraiment cool.

Il n’avait encore rien fait et Adele était déjà une flaque de « merci, merci ».

— Je te fais confiance pour aider Chen…, c’est ici que tu prépares tes –euh, potions ? Créations ?

Poisons ? Adele rendit un grand sourire niais à Phil. Bordel ce n’était pas le moment de jouer les apprentis sorciers et de toucher à tous le curieux matériel du gars. Il était là pour Chen, pour.Chen. Pas pour investiguer la profession de dealer des quartiers, bloc-notes en main, demandant à goûter un peu de tout, à sentir les étranges parfums. Dans le processus d’éveil des bambins, Adele en était toujours à la phase « exploration ».

Peace, peace, Adele se forçat à rester droit et statique, fermant sa gueule tout seul, attendant dans les règles de la civilisation que son interlocuteur digère le déferlement de Berry qu’il devait déjà regretter.


Pardon:
 
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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
Bloody Ghoul
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Jeu 9 Mar - 1:07
I can’t sleep. I won’t sleep.

Ces mots résonnent dans ma tête depuis… trente-six heures? Quarante-huit? Je n’en sais trop rien. Je ne me permets pas de regarder l’horloge qui pend sur le mur du salon. D’ailleurs, ça doit bien faire une dizaine d’heures que je ne suis pas sorti du laboratoire. Je n’ai pas le temps. Je n’en ai pas besoin. Pas besoin de manger. Pas besoin de me submerger d’autre chose que le chaos parfaitement organisé qui règne dans cette pièce que je nomme sans honte mon sanctuaire. J’ai tout ce dont j’ai besoin ici. Une bouteille d’eau, un petit sac de poudre laiteuse au fond de ma poche, et mes chaudrons sous les yeux. L’amertume des deux rails de coke que je viens de prendre me colle au palais mais me redonne un regard d’énergie artificielle. J’y suis presque. Quelques heures encore et j’aurai accompli la mission qu’on m’a confié.

Mission que j’aurais dû refuser, à bien y penser. Je ne rends pas service aux gens. J’échange. Tout a un prix. Parce que j’ai vite appris que, dans ce monde lépreux et galeux, donner de soi-même, c’est consentir à ce que l’on perde des fragments de notre personne. Et petit à petit, il n’en reste que des lambeaux. I’m not worth much to start with. Let me keep what I have left of myself, as rotten as it may be.  Mais j’ai eu une faiblesse. Parce que j’ai vu dans les yeux d’Adele le désespoir, le vrai, celui qui creuse ses griffes dans nos angoisses et qui nous tire jusqu’au bord du gouffre. J’ai reconnu en Chenye la même soif misérable que celle qui a habité Solveig le soir où j’ai senti son cœur s’éteindre.

I can’t sleep. I won’t sleep. I have someone’s life to save. Maybe repentance isn’t so far away after all.





On cognait à la porte. Bien que l’Anglais se trouvait tout au fond du sous-sol du Bloody Ghoul, un sortilège lui permettait d’entendre tout ce qui se passait à l’étage. Le bruit distinct d’un poing sur le bois l’arracha à sa transe créative, et il lui fallut quelques secondes pour revenir sur terre, laissant au creux de son ventre une sensation de malaise. Évidemment, la quantité et la variété de substances qui teintait son sang et ses neurones n’aidait pas à la situation, mais il en avait eu besoin. Pour ne pas dormir. Pour couper sa faim. Pour l’aider à s’accrocher à l’idée qui avait fait naître ces substances, presque prêtes, qui mijotaient au fond de leur nid de fonte.

Phillip pris une grande gorgée d’eau et sorti du laboratoire, examinant brièvement sa réflexion dans le miroir du couloir pour s’assurer qu’il était au moins présentable. Il ne l’était pas. Le t-shirt blanc et les jeans souillés de suie foncée, les yeux rougis, la peau pâle, les traits tirés. Il soupira lourdement, passa machinalement sa main dans ses cheveux puis fonça en direction des escaliers, les gravissant deux à la fois. Une fois en haut, il s’élança dans le petit couloir qui séparait la salle principale de la salle arrière – qui servait de salle des employés et de petit entrepôt pour les stocks d’urgence -  et ouvrit la porte qui donnait sur la ruelle à l’arrière de l’établissement. C’était Berry. Évidemment que c’était lui.  L’Anglais salua son invité – ou quelque chose du genre – d’un sourire maigre, épuisé et un peu maladroit puis referma la porte derrière lui, la verrouillant au passage. Il invita Adele à le suivre d’un signe de tête puis se mis en marche afin de le guider vers le sous-sol. Silence jusqu’à ce qu’ils y arrivent. Il n’allait certainement pas offrir à l’étudiant le tour guidé du proprio mais il lui signala tout de même, le ton bas, que la salle de bain était au fond à gauche, à côté du salon.  Ce qui les intéressait dans l’immédiat, toutefois, c’était ce qui se trouvait derrière la porte que Phillip se mis à ouvrir. Il passa d’abord puis invita le jeune homme à le suivre avant de fermer la porte derrière lui.

Une multitude impressionnante d’étagères étaient collées aux quatre murs de la pièce, chacune d’elles remplies à craquer d’ingrédients diverses, tous étiquetés et organisés en ordre alphabétique. Il y avait de la minutie dans le travail de Harker. Certains pots étaient chauffés, d’autres réfrigérés, en fonction de ce qui permettait de prolonger la vie de chaque ingrédient. On y trouvait aussi un grand meuble à tiroirs qui, présentement, était fermé mais qui contenait tous les instruments dont Phillip pourrait avoir besoin, en plus de ses nombreux carnets de notes. Collée à un autre mur, sous les étagères élevées, se trouvait une station désignée à l’empaquetage des produits – boîtes, bouteilles, entonnoirs, pinces.  La pièce de résistance, elle, se trouvait bien au centre du laboratoire. Un vaste plan de travail de bois et de marbre, entouré de six chaudrons de taille moyenne, et un grand chaudron – voire immense, bien au milieu de toute cette organisation. Sous chaque chaudron, un feu brûlait doucement, mais un sortilège les gardait sous contrôles et isolés, de façon à ce qu’il ne fasse pas trop chaud dans la pièce.  

Phil indiqua à Adele qu’il pouvait s’asseoir sur une chaise d’un bref mouvement de la main.


« J’ai presque terminé. Quinze minutes environ, avant que ça soit prêt à être emballé. »

Il souleva le couvercle de sur un chaudron puis, du bout d’une longue cuillère de bois, il vint gratter le fond poudreux du récipient. Tentant le plus possible d’ignorer cette bestiole qu’était l’anxiété qui lui mordillait la nuque, lui rappelant qu’il n’avait presque jamais invité qui que ce soit ici et que c’était certain qu’un étranger allait tout briser. Il la fit taire d’un mordillement de sa lèvre inférieure mais dit tout de même, le ton bas :

« Ne touche à rien.»

Il marqua une pause, visiblement mal à l’aise que quelqu’un voit son univers dont il était fier autant qu’il en était dégoûté, puis ajouta.

« Regarde autant que tu veux, mais… Ne touche à rien. »


Pour te donner une idée de l'organisation des pièces du sous-sol du BG:
 

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Sinsear
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Adele Berry
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Jeu 9 Mar - 16:39
Une telle organisation, une telle minutie, ne pouvait qu’être l’œuvre d’un génie. Adele savait bien que c’était des poisons qui étaient soigneusement étiquetés et rangés sur les étagères, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver une vive admiration pour Phil. On aurait rapidement pût penser qu’Adele-le-pacifique serait le candidat numéro un pour intégrer Poufsouffle mais il n’était pas si pur. Devant un tel déploiement d’intelligence il ne pouvait refouler le sentiment de fascination, d’intense excitation à approcher une personne exceptionnelle. Harker pouvait bien être le pire des salauds, pour Adele il y avait quelque chose d’irrésistiblement attirant chez les rares personnes possédant un don supérieur au commun des mortels.

Sagement assis sur la chaise désigné par Phil, il écoutait, il regardait, il absorbait. Il était dépassé, maladroit, renvoyé à sa propre médiocrité de potionniste. Et il adorait ça. Quinze minutes à attendre. D’accord.

— C’est incroyable cet endroit, dit Adele en levant les yeux au plafond, explorant du regard la pièce.

II n’était pas idiot. Il savait reconnaître la maniaquerie obsessive des petites choses. Il était le premier à entasser ses vêtements sales en piles instables, à joncher son bureau de cahiers et de parchemins, à ramasser la moindre plume sur sa route pour l’abandonner quelque part dans sa chambre pour ne plus jamais la regarder. Et parmi tout ce désordre, il rangeait soigneusement ses pinceaux, ses pots de peintures et ses calepins, explosant de colère quand quelqu’un dérangeait ses affaires pour en changer l’ordre. Ses choses à lui tenaient en bien peu de place.

Les questions brûlaient sa langue. Phil, ça fait quoi d’être le meilleur ? Ca fait quoi de savoir qu’on pourrait changer le monde et de ne pas le faire ? Putain Phil pourquoi tu te gâches ? Pourquoi tu peux pas faire des remèdes au lieu de poisons ? Pourquoi tu te caches ? Personne ne sauras jamais ce que tu as fait et ce que tu pouvais faire.

Comment  est-ce qu’un tel drogué ne pouvait pas avoir plus soif que ça ?

Il se retint cependant. Se répétant en boucle qu’il était là pour Chen. Pour.Chen. Il n’avait pas à s’occuper de tous les malheureux, il ne pouvait pas changer le monde.

— Phil, tu n’as jamais pensé à exploiter ton don pour autre chose ?

La voix vibrante, le regard flamboyant, visiblement il pouvait encore moins se changer.

Il avait toujours peur d’Harker mais il ne pouvait pas s’empêcher d’essayer. Il fallait qu’il bouscule, qu’il tente il ne savait quoi. On le prenait pour un gamin capricieux alors qu’il était seulement en mal d’aventures.


ci-gît Berry:
 
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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
Bloody Ghoul
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Lun 20 Mar - 22:10
It’s not what I expected.

Non, ce n’était pas à cela du tout qu’il s’attendait. À vrai dire, il n’avait pas trop su à quoi s’attendre puisqu’il ne s’était jamais posé la question. L’idée que quelqu’un voit son environnement de travail, l’étendue de sa passion, son obsession, ne lui avait jamais traversée l’esprit. D’abord parce qu’il peinait à réaliser que cela pouvait même potentiellement intéresser quelqu’un – qu’il pouvait potentiellement intéresser quelqu’un dans une mesure autre que celle où il était le dealer par excellence et qu’il savait faire de bons cocktails. C’était là où reposait sa seule valeur en tant qu’être humain. Il en était convaincu, y croyait dur comme fer et n’avait jamais cherché à s’en défaire.

Les potions – puis les drogues – sont vite devenues son sanctuaire après avoir compris que rien de ce qu’il faisait ne saurait satisfaire ses parents, ce qui marqua d’ailleurs la fin de tout semblant de vie familiale normale qu’il avait. Déjà, son père n’était plus présent depuis son septième anniversaire – c’est à peine s’il se souvenait de l’apparence de l’homme en question – et sa mère lui avait fait comprendre, après sa quatrième année à Poudlard, qu’il n’était plus le bienvenu chez elle puisqu’elle le sentait menaçant envers ses demi-frères et demi-sœurs.  Le talent devint l’obsession, la curiosité entraîna l’impétuosité. Parce qu’il n’avait rien d’autre. Pas d’encadrement, personne pour se soucier de lui, de son bien-être, de sa santé tant mentale que physique. Et lui, tout ce qu’il cherchait, c’était à pousser les limites, à trouver la perfection à chaque rail, à chaque injection, à chaque fois qu’il touchait son chaudron.

Certes, c’était incroyable. Mais on ne lui avait jamais dit avant.

L’Anglais garda le silence, son regard ambré cherchant brièvement celui d’Adele avant qu’il ne revienne porter attention à ses chaudrons. D’un sortilège murmuré, il vint éteindre le feu sous l’un d’eux puis fit léviter le récipient de fonte jusqu’à une table servant de station d’assemblage. La poudre tomba dans un moule avec lenteur et précision et, une fois le contenu entièrement versé, le chaudron retourna à sa place avec la même stabilité, alors que le couvercle du moule se refermait et pressait la poudre en comprimés aux motifs variés. Phillip s’en approcha, attrapant un comprimé entre ses doigts et testant la solidité d’une pression agile de son pouce et son index. Le cachet fendit, s’effrita, la substance poudreuse et bleutée collant légèrement sur la peau du chimiste. Et la voix d’Adele brisa le silence une nouvelle fois.

Un sourire à la fois résigné et amer vint courber le coin des lèvres du brun, alors qu’un court souffle ressemblant presque à un rire fit vibrer son torse. Autre chose. Berry ne savait pas. Personne, semblait-il, ne savait. Harker garda le silence quelques secondes, laissant le temps à ses sentiments contradictoires de se stabiliser – nette amélioration par rapport aux dernières années. Il aurait pu s’indigner, se fâcher. C’était toujours plus facile, ça. Mais il avait déjà donné de son temps à Adele, et pour l’instant, l’étudiant ne lui avait pas fait regretter. L’homme glissa son bout de son doigt entre ses lèvres, sa langue l’effleurant pour venir attraper la substance qu’il étendit jusqu’à ses gencives.


« Come with me. I need to show you something.»

Il contourna sa station de travail pour s’approcher de la porte et l’ouvrit, sortant puis attendant qu’Adele émerge à son tour avant de la verrouiller derrière eux. Réflexe. Paranoïa. Il fit deux autres pas vers l’avant et, d’une autre clé, vint ouvrir celle de l’entrepôt. Il laissa Adele passer devant puis, sans s’être soucié de fermer la porte derrière eux, éclaira cette nouvelle pièce d’une lumière orangée, voire dorée, orbes lumineux suspendus au plafond.

Si le laboratoire était impressionnant de par sa variété d’ingrédients, l’entrepôt, lui, avait tout autant de quoi couper le souffle. Des centaines de petits tiroirs de bois montaient du niveau de leurs hanches jusqu’à bien au-dessus de leurs têtes, touchant presque au plafond. Tous étaient répertoriés par nom et par numéro et, sur la table centrale reposait un registre – l’inventaire. Les substances, leur puissance, leurs effets, la quantité disponible. L’Anglais s’avança vers le mur de gauche, puis celui du fond, et piqua à quatre tiroirs une fiole de leur contenu.

Il s’approcha une nouvelle fois de son interlocuteur puis, d’abord, éleva une fiole contenant une potion d’un violet électrique, la couleur ondulant sous les rayons de lumière qui en touchait le verre.


« Avec cette potion, tu peux rêver à ce que tu veux. Tout ce que tu désires. Suffit d’une description écrite sur un parchemin qui se dissout dans la potion, et tu contrôles ce qui se passe une fois que tu es dans les bras de Morphée. »

Il en éleva une seconde, le contenu de celle-ci entièrement clair sauf pour quelques fins filaments argentés qui scintillaient vivement.

« Avec celle-ci, tu peux te transformer, physiquement et de façon comportementale, en ton patronus, tout en gardant ta conscience humaine. Cet échantillon dure environ… deux heures, mais ça s’ajuste et se discute. »

Une troisième. Rose foncé, solide, matte. La respiration de Phillip s’emportait, se saccadait doucement alors que dans ses yeux brillait quelque chose de particulier. Une volonté mêlée au désespoir. Un appel à l’aide, à la reconnaissance. Please understand what I’m trying to tell you. Sa voix tremble, son ton monte

« Celle-ci peut guérir des amputations, des hémorragies graves, elle peut même expulser une balle d’arme moldue du corps de quelqu’un. Elle peut sauver une vie. Elle peut sauver quelqu’un. »

La dernière. Noir. Liquide d’un vide spatial et angoissant. La lumière au-dessus d’eux n’en change rien. Aspire tout ce qui peut y toucher. Il expire, souffle haché, presque frénétique. Mais tout bas.

« Et celle-là… Celle-là tue. »

Il se penche davantage vers Adele. Son regard intense vrillé dans le sien, suffisamment près pour qu’il ne puisse pas regarder ailleurs.

« Dis-moi, Berry, laquelle te surprend le moins? Et me croirais-tu si je te disais que j’ai un antidote? », chuchota-t-il, voix basse et rauque, menaçant de se briser. « It’s not just me, Adele. C’est les autres, aussi. C’est vous. C’est cette image qui me colle à la peau et à l’âme depuis que je suis ado, for fuck’s sake. »

Il prend un pas vers l’arrière. Respire.

« I never had a chance to prove you wrong. »



Spoiler:
 

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Adele Berry
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Dim 26 Mar - 6:54
Montre-moi, montre-moi. Adele sauta de sa chaise comme un ressort avant de suivre Phil. Incapable de réprimer un sourire d’excitation. Il était grisé à l’idée d’apprendre quelque chose de nouveau, mais surtout quelqu’un de nouveau.

Quelles folies traversaient l’esprit de Phil ? Qu’est-ce qu’il avait fait ? Jusqu’où avait-il poussé ses talents ? Sans doute trop loin, sans doute qu’il allait l’effrayer avec ses créations ou ses recettes, mais Adele était prêt à prendre le risque. Une porte se verrouilla dans son dos et la joie bondissante qui l’animait fondit en inquiétudes.

Bordel. Il n’aurait pas pût lui demander avant ce qu’il comptait lui montrer ? Il s’était jeté bêtement en avant, suivant bien gentiment Harker et se trouvait enfermé comme le plus parfait des idiots. Le cœur battant des mille pensées qui résonnaient dans sa tête, Adele n’en laissait rien paraître et avait toujours l’expression vaguement hagard du gars un peu perdu mais content sans raisons.

Il ne se demandait jamais ce que les gens pouvaient penser de lui, mais quand même, il aurait bien voulu connaître l’opinion de Phil à son sujet. Adele, lui, était sur ses gardes. Bien sûr qu’il aimait Phil, avec ses airs torturés et ses manières d’animal sauvage, mais il avait peur de se prendre un coup de griffe.

Adele plissa les yeux face à la soudaine lumière de l’orbe, avant de tourner la tête comme une girouette dans l’entrepôt de Harker. Son emballement se raviva d’un coup et il eut la naïve pensée de se trouver dans un lieu top-secret extrêmement fragile. Tous les tiroirs soigneusement étiquetés, le registre, la minutie excessive… C’était le cerveau de Phil.

Il se sentait on-ne-peut-plus privilégié et lorsque Phil déballa ses potions, la voix vibrante d’émotions pour ses créations, Adele sentit son cœur battre la chamade, se bouffant d’un coup toute la frénésie de Phil. Potion de rêve, potion de métamorphose, potion de guérison, potion de mort.

Le souffle court, Adele soutenait le regard de Phil, les yeux écarquillés, une envie irrépressible de toucher le globe de verre noir abyssal. This is dope. This is dope, this is dope.

Incapable d’être raisonnable, ses ongles choquèrent le verre et Adele se perdit une seconde à l’idée de mourir. C’était comme être au bord d’une falaise. A tout moment tu peux basculer, rien ne te retiens… Adele s’arracha à ses pensées en se secouant mentalement, serra son poignet de sa main gauche pour s’empêcher de tout renverser.

Oui il le croyait. Oui il voulait bien croire tout ce que disait Phil, de toute façon personne ne lui mentait jamais. Et puis la voix de Phil, à deux doigts de se briser ne trichait pas.

— It’s not just me, Adele. C’est les autres, aussi. C’est vous. C’est cette image qui me colle à la peau et à l’âme depuis que je suis ado, for fuck’s sake.

Adele avait les yeux grands ouverts.

— I never had a chance to prove you wrong.

— Phil…, bégaya Adele, sans savoir ce qu’il allait dire. C’est complètement dingue cet endroit… J’en reviens pas… Ce que tu fais… Tu as tellement de talent, tu pourrais faire de grandes choses.

Adele était si impressionnable qu’il aurait totalement été du genre à encourager Voldemort à pousser ses compétences. Cependant, il était aussi sensible que parfaitement incapable de se défaire d’une certaine violence. Aussi sa voix retrouva tout d’un coup plus d’assurance et son regard se fit direct, intransigeant, étonnamment dur.

— Mais qu’est-ce que t’en as à branler du regard des autres ? Lança-t-il de but en blanc. Qu’est-ce qui te retiens en arrière ?

« Une famille ? Des amis ? Une fiancée ? » Il retint ses mots sur sa langue, luttant entre son besoin de réconforter Phil et de le bousculer. « I never had a chance to prove you wrong. » Etrangement, ces mots agaçaient Adele. Mon gars, qu’est-ce que tu crois ? Personne ne sonnera à ta porte un beau matin pour t’apporter un diplôme de potioniste et un contrat de dix mille gallions pour te lancer sur le devant de la scène. C’est le prix des rêves que de se battre tout seul contre tout le monde. Et toi Phil, t’es pas assez au fin fond du gouffre pour te sentir libre ?

Pour un rêveur, Adele était terriblement réaliste. C’était du gaspillage que de tourner autant en rond, Phil. Tu vas imploser, Phil. Evidemment que le monde va te péter les dents mais t’as pas envie de mordre ?
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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
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Lun 1 Mai - 12:21
L’Anglais rattrapa son souffle d’un halètement vif et profond, ses yeux ambrés doucement écarquillés de surprise. Il n’aurait pu expliquer ce qui venait tout juste de se produire. Ça n’était pas comme lui de s’emporter comme ça. Bon, on ne lui reconnaissait pas une patience inépuisable, un calme légendaire, une attitude posée et réfléchie. Au contraire. Aux yeux de plusieurs, le nom de Phillip Harker était synonyme de débauche, de violence et d’excès. Mais on ignorait la profondeur de sa passion, de ses aspirations, de ses rêves. Dans la mesure où les gens savaient qu’il était humain, cette idée n’était pas surprenante, mais l’humanité a honte de ses membres qui vivent en marge des normes. Ainsi, Harker est devenu, dès un jeune âge, un aliéné. Une coquille, tout juste semblable à la normalité, mais dont le cœur et la chaire sont ternis d’obsession et de rage. There’s just something wrong with you, Harker. Ce qu’il l’avait entendue souvent, celle-là. It’s like something inside you is broken, Phillip. La voix apeurée de sa mère lui faisait trembler le tronc. On avait arrêté d’essayer de le comprendre très vite, et il s’était refermé sur lui-même tout aussi rapidement. Ces éclats de vie le surprenaient même lui. Sa langue et ses dents lui effleurèrent la lèvre inférieure et, d’un pas hésitant, il s’éloigna d’Adele avant de le fuir du regard, s’attardant à replacer les fioles dans leurs tiroirs respectifs.

Les mots de Berry lui collaient à l’esprit, même s’il essayait de les chasser. Parce qu’il avait raison. C’était vrai, tout ce qu’il disait. Il en avait, du talent, il était capable de faire de grandes choses, il n’en avait rien à branler de ce que les autres pouvaient bien penser de lui et c’était humiliant de voir qu’il avait laissé des gens sans importance dicter ce qu’il allait devenir comme personne. Mais il savait que gisait au fond de lui, dans le creux de son âme, un exorde de confiance en lui et d’amour propre qui ne voulait rien d’autre que de grandir au-delà du stade embryonnaire. Il lui fallait quelque chose pour le secouer, pour le provoquer, et pour un instant il se surprit à songer que cette conversation allait peut-être être suffisante. Mais il n’était pas encore prêt à se donner cette seconde chance.


« I don’t know. Je me suis longtemps posé la question, puis j’ai abandonné. Mais… »

Ses mots restèrent accroché à l’air tendu qui pesait dans la pièce avant qu’il ne secoue la tête, indiquant à l’étudiant d’un mouvement de bras qu’ils devaient sortir pour retourner au laboratoire – tout était presque prêt. Il verrouilla la porte de l’entrepôt derrière eux puis souffla :

« We’ll see. »

Il fit d’abord entrer Adele puis passa au laboratoire à son tour, s’approchant, protecteur, de ses chaudrons. Un sourire illumina son visage lorsqu’il vit le résultat de son travail puis, aussitôt, se mit à tout empaqueter. C’était absolument impossible de faire la différence entre ses drogues habituelles et celle-ci. Il plaça le tout dans une boîte de bois, pareille à celle dans laquelle il remettait habituellement la marchandise à Chenye puis la tendit à Adele.

« Je t’explique ce qui va se produire lorsqu’elle va se mettre à consommer ce qui se trouve dans cette boîte. La dépendance qui s’est créée va s’effriter peu à peu et, au bout d’un certain temps – jusqu’à ce que ce stock s’épuise, si mes calculs sont bons – elle n’aura tout simplement plus envie d’en prendre. Si ça persiste, reviens me voir, mais ça devrait être bon. »

Le potionniste fouilla discrètement dans la poche de son jean puis en sortit une petite fiole dont le contenu était d’apparence très facile à reconnaître – une potion dont la couleur ressemble à celle de l’or fondu. Il l’offrit à Adele et continua, un mince sourire aux lèvres.

« And this is for you. J’imagine que tu as entendu parler de Felix Felicis. Je pense que ça pourrait te venir en aide. Cet échantillon est bon pour douze heures. Des questions? »

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