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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
Bloody Ghoul
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Lun 23 Jan - 15:28
C’est d’un bref coup de baguette et d’un murmure de sortilège que la porte du Bloody Ghoul vint qu’à se déverrouiller en ce glacial jeudi soir de janvier. Harker, derrière le comptoir, ne put retenir un frisson de lui grimper à la colonne lorsqu’une bourrasque de vent se faufila dans l’ouverture de la porte, le videur étant sorti pour commencer à faire rentrer la petite file de gens qui attendait patiemment l’ouverture. C’était curieux, ce genre de froid pour la région. Mais il devait admettre que si ça n’était pas de la minceur de son chandail, la faible tombée de neige et le vent pinçant lui auraient plu. Le silence pesant que le froid emmenait avec lui était paisible. Comme le calme d’un souffle après avoir trop pleuré, lorsque notre poitrine s’affaisse finalement et que le nœud d’émotion se détend.

L’Anglais avait passé les quarante-cinq dernières minutes à s’assurer que le bar était en état de recevoir les gens pour la soirée. Décorations magiques mises en place – des glaçons de lumière scintillante au plafond, des lasers bleus, violets et blancs projetés au mur -, tables bien propres, bar rempli à craquer et stock de substances illicites à portée de baguette. Tout était parfait. Le propriétaire prévoyait une soirée plutôt calme – plusieurs seraient sans doute découragés par la température pour oser braver les éléments afin de se rendre au bar. De plus, il n’y avait pas d’event VIP prévu pour la soirée. Les seuls qui allaient sans doute franchir cette porte étaient les réguliers, les habitants du village, ou encore les gens désespérés. Et bien qu’il préférait les nuits plus animées où l’alcool coulait à flots, où la drogue passait de l’autre côté du comptoir à toutes les deux transactions et où les esprits étaient tordus, ça pouvait lui plaire, un petit temps de répit.

Le châtain retroussa ses manches jusqu’au creux de ses bras – c’est qu’il évitait toujours de les montrer, ceux-là – et s’activa à se préparer un verre de Jack Daniels et Coca pour démarrer la soirée. Discrètement, il vint glisser deux comprimés sous sa langue et les avala d’une gorgée de cocktail, un soupir apaisé passant ses lèvres lorsqu’il sentit la capsule se dissoudre dans son œsophage, sa chaleur particulière se diffusant déjà dans sa cage thoracique. Il eut tout juste le temps de prendre une autre gorgée de son verre lorsque les clients se mirent à entrer par petits groupes, la plupart s’installant autour de tables avant que des serveurs ne viennent les voir pour prendre leurs commandes. Bien vite, les demandes se rendirent à Phillip qui, avec tout le naturel dont il était capable malgré son perpétuel état second, servait table après table de délices liquides.




Parce que Phil il est bô même drogué:
 

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Sinsear
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Adele Berry
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Lun 23 Jan - 16:37
Mais qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Rien évidemment, il ne réfléchissait jamais.

Capuche vissé sur son crâne, Adele bravait le vent frais de janvier en direction du Bloody Ghoul, seul, avec une mission bien précise à remplir. Personne ne lui avait rien demandé à part sa conscience de preux chevalier (du moins c’est ce qu’il se disait pour essayer de se donner du courage). Ses baskets battaient le béton de Stornoway tandis qu’il ruminait ses pensées.

Evidemment il avait fallu qu’il s’invente des problèmes ! Le bon p’tit gars de rien du tout, débarqué de son village, ça rencontre une fille exotique à la vie improbable et ça tombe droit dans ses bras en battant des cils.

« Chen, j’aime pas que tu te drogues. » « Tu es encore défoncé ? » « Arrête s’il te plaît. »

Il n’y arrivait pas. Tout capricieux et exigent qu’il était, Chen continuait de s’enfoncer. Elle ne mangeait pas, dormait mal, était cabossée de ses propres supplices. Et lui, il était nul. Il n’arrivait pas à gueuler, peut-être qu’il aurait dût la secouer, la mettre au pied du mur, lui hurler qu’elle n’avait pas le droit d’être aussi égoïste.

« PUTAIN MAIS T’AS VU DANS QUEL ÉTAT T’ES ? TU CROIS QUE CA ME FAIT PLAISIR DE TE VOIR INCAPABLE DE TENIR DEBOUT ? JE MERITE PAS QU’ON FASSE D’EFFORTS POUR MOI, HEIN ? »

Mais bien sûr, ça c’était les scénarios qu’il imaginait en pensée, incapable d’avoir assez de cran pour confronter réellement Chen et préférant jouer les gentils infirmiers patients.

C’était tout lui. Il avait tellement peur qu’on ne l’aime plus qu’il passait son temps à brosser tout le monde dans le sens du poil. Noyé dans ses pensées, il se rendit compte au dernier moment que ses pas l’avaient portés machinalement jusqu’au bar. Il releva la tête légèrement surpris, rabattit sa capuche en arrière, et se focalisa sur sa mission.

Confronter Harker pour lui demander de mettre Chen sur liste noire.

S’il ne pouvait pas contrôler Chen, peut-être qu’il pourrait le faire avec Phil ? Mais BIEN SÛR Berry ! Si la fille qui t’aime ne t’écoute pas tu peux toujours crever pour que son dealer flippant le fasse ! Aaah mais qu’il était con. C’était plus fort que lui, il n’aimait QUE les situations désespérées.

Arrivé au comptoir, il tapota le bois nerveusement et interpella Phil d’une voix qui trahissait son angoisse malgré lui.

— Phil ! Excuse-moi, je peux te parler cinq minutes ? Demanda-t-il avec une parodie d’autorité dans le regard.

Pourquoi est-ce qu’il avait le cœur battant comme ça ? Il ne risquait rien, il ne risquait rien. Adele avait beau se le répéter, il avait l’impression désagréable d’être un agneau devant un loup.

Mais peu importe. Même si c’était inutile, il fallait qu’il essaie. Echouer oui, mais ne rien tenter non.


Yéyéyé:
 
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Bloody Ghoul
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Phillip Harker
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Lun 23 Jan - 18:34
Ça ne lui prenait jamais beaucoup de temps à entrer dans sa zone. Vous savez, lorsque vous êtes tellement investis dans une activité, dans un livre, dans la compagnie d’une personne que le temps semble se suspendre et que tout coule avec une fluidité hallucinante. Les gestes, les mots, les images se fusionnent aux battements de votre cœur et au souffle dans vos poumons. Et immanquablement, ces moments s’accompagnent de confiance. Et elle déborde, cette confiance. Elle se fait voir par le sourire accroché à vos lèvres, par la manière dont vos épaules se dégagent et se renforcent. Vous êtes indestructible. Durant ces quelques minutes, ces quelques heures, vous êtes roi ou reine.

Il faut être complètement con pour s’en prendre à un roi.

L’Anglais était en train de verser une dizaine de shots avec expertise lorsqu’un visage plus familier que les autres vint s’accouder au comptoir. Berry. Un mec pas spécialement mémorable, si ce n’était que du fait que Phil le trouvait bien de son genre, au fond. Mais rien ne s’était jamais passé entre eux, et rien ne risquait d’arriver non plus. Adele Berry était fait de soie et de sucre, alors que lui était l’homme de fer et d’amertume en quête d’un cœur*. Phillip ne porta pas plus d’attention que cela au jeune homme, très vite aspiré à nouveau par sa tâche et par la drogue qui l’enveloppait et l’enlaçait. Il tendit les shooters au petit groupe de jeunes femmes qui en avaient fait la commande et s’en fit offrir un, qu’il accepta avec un clin d’œil charmeur à souhait. Ça faisait partie du jeu. Et puis, selon lui, de l’alcool, ça ne se refuse pas. Il trinqua avec ses clientes, glissa le morceau de papier sur lequel l’une d’elles avait gribouillé son numéro de portable dans sa poche et comme il s’apprêtait à compléter une autre commande, Adele s’adressa à lui.

Adele lui demandait quelque chose. Oui, bon, ils s’étaient déjà adressé la parole mais c’était resté très superficiel, et quatre-vingt-quinze pourcents de ces discussions avaient eu lieu parce qu’il voulait quelque chose à boire, ici-même. Et rien qu’à entendre son ton, l’Anglais savait que cette fois, ça n’avait rien à voir. Et ça, ça avait le don de l’irriter. Ça n’aurait pas pu attendre? Que les gens ne soient plus aussi assoiffés? Qu’ils se croisent à l’université? Fuck, il aurait pas pu lui envoyer un hibou? À moins qu’il ne le surprenne agréablement en lui disant qu’il voulait quelque chose pour s’amuser, Phil savait qu’il allait ressortir de cette conversation froissé. Il l’était déjà.

Le châtain somma sa collègue de venir le remplacer au comptoir le temps qu’il parle à Adele et, après s’être assuré qu’elle avait tout ce dont elle avait besoin durant son absence, il se faufila hors du comptoir, verre à la main, et d’un coup de tête, invita Berry à venir s’asseoir avec lui ; dans un coin de la pièce principale, un peu retiré de la petite foule du bar, se trouvaient deux fauteuils et une table. Là ils pourraient discuter sans souci de se faire interrompre. Il voulait en avoir fini avec cela au plus vite. Phillip s’assied, attendit que Berry fasse de même et énonça un seul mot qui, de par sa brusquerie et son ton, auraient pu être suffisant pour le faire changer d’avis.


« Parle. »

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Adele Berry
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Mar 24 Jan - 14:08
A l’intérieur de lui, Adele se sentait dégonfler comme un ballon de baudruche. Il regardait Phil avec appréhension, le temps infini qu’il mettait à finir ses affaires, à expliquer tout ce que sa collègue devait savoir… C’était insupportable d’attente. A l’intérieur de lui, il se demandait bien pourquoi il avait voulu le confronter ici et maintenant, alors que Phil n’avait aucune seconde à lui accorder, qu’il était aussi dérangeant et capricieux qu’un gamin qui avait soudainement décidé qu’il avait le besoin impérieux de parler au type louche du village.

A l’intérieur de lui, Adele avait déjà perdu toute confiance en lui. A l’extérieur en revanche, il ne lâchait rien. Poing sur le bar, droit, détaché, presque froid, il savait bien mieux jouer la comédie que ce que l’on aurait pu penser.

Il suivit Phil sans se départir de son attitude déterminée. Il ne fallait pas qu’il se fasse bouffer tout cru. Pas cette fois.

En réalité il se fichait complètement de passer pour l’idiot, le simplet ou le naïf tant qu’il ne se sentait pas impliqué dans une affaire. Qu’est-ce qu’il en avait à foutre de passer pour un con en portant son stupide bonnet avec des tricératops ? Ca touchait quelqu’un ? Ca pouvait changer quelque chose ? Mais se battre pour Chen, ça ça avait de l’importance. Ca sa valait la peine de déranger, de bousculer les autres. Il avait tous les droits de faire chier Phil, il avait tous les droits de se battre contre le responsable n°1 de l’état désastreux de sa copine.

Adele s’assit sur le fauteuil, froid comme une statue de marbre. Il ne se laisserait pas bouffer, il ne se laisserait pas casser en deux. Pas cette fois.

— Parle.

C’était si brusque, si énervé, qu’il perdit contenance et ses yeux s’agrandirent de surprise. Phil n’avait visiblement aucune envie de lui rendre la partie plus simple. Déjà qu’il devait s’arracher les mots de la bouche pour oser confronter Harker…

— Je viens pour Chen. Chenye Viungo, une de tes clientes, noire, assez grande, maigre.

Il allait se mettre au diapason. Phil était brusque, Adele n’irait pas par quatre chemins. Question. Réponse. Il s’entendait parler sans reconnaître sa voix, comme un automate récitant une poésie.

— Elle est dans un sale état. S’il te plaît, arrête de la fournir en drogues. Empêche-la de mal finir… Je veux dire…, pire que maintenant….

Il ferma les yeux, incapable de supporter le regard de Harker plus longtemps, se maudissant de bafouiller, de s’emmêler les pinceaux. C’était plus fort que lui, il mélangeait toutes ses émotions et les exprimaient en bouillies informes et incompréhensibles.

Il soupira. Calme Berry, calme… Attend de voir ce que ton adversaire a à répondre. Il ajouta d’une voix neutre aux yeux brillants de prières :

— Phil, s’il te plaît… Mets la sur liste noire.


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Phillip Harker
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Ven 27 Jan - 1:14
L’ordre qu’il venait de prononcer venait tout juste de passer ses lèvres que ses bras, jusque-là croisés contre son torse, vinrent glisser de chaque côté de son corps, ses épaules se calant bien dans le dossier du fauteuil où il s’était assis. Ses doigts s’ouvrir avec assurance pour se poser sur l’extrémité de l’appui-bras alors que son torse se gonflait un peu plus à chaque souffle qu’il prenait, sa mâchoire se sanglant au même rythme. Tout de lui était, à cet instant-là, immensément solide et ferme. Les lèvres droites, le regard ancré, inflexible, dans celui de son interlocuteur. Les traits de son visage durs mais dénués d’agressivité. Comme si, à un moment dans sa vie, son corps avait tout simplement oublié la notion de douceur, faute d’avoir été réellement apprise. Une statue de pierre. Une seule fissure; le bout des doigts de sa main gauche se frottant, délicatement, dans un geste répétitif et rassurant sur le velours du siège. Assouvir la faim de contact de sa peau – et par Merlin qu’elle était affamée. Et bien qu’il eût amplement dépassé le seuil de l’habitude avec l’ecstasy, lorsqu’elle lui passait dans les veines, il y avait toujours cette faiblesse, cette vulnérabilité odieusement humaine qui trahissait cette aversion aux autres qu’il entretenait depuis son adolescence.

Peut-être qu’Adele avait une chance. Une toute petite chance.

Chen. Il connaissait bien Chen. Et à peine Berry avait-il tût sa phrase, l’Anglais glissa sa main dans la poche arrière droite de son jean pour en sortir un petit carnet de cuir noir. Les pages glissèrent entre ses doigts jusqu’à ce qu’il s’arrête aux quelques pages qu’il avait réservées pour l’Africaine. De quoi avait-elle besoin cette fois? Elle était venue le voir il n’y avait pas si longtemps pour de l’héroïne, donc c’était peu probable que ce soit ça. De la coke, peut-être? Il y avait presque deux semaines qu’elle s’en était procurée. Mais elle lui avait confié, la dernière fois, qu’elle n’était plus trop dans une phase de stimulants. Tout de même, c’était curieux qu’elle envoie quelqu’un d’autre chercher son bonbon – elle était peut-être prise avec un cas moche de retrait et ne se sentait pas à l’aise de quitter sa chambre. Mais encore là, il était déjà arrivé que Harker se rendre à elle pour la dépanner. Puis elle ne lui avait pas envoyé de texto pour lui dire que quelqu’un d’autre viendrait prendre ses choses à sa place…

Ce n’est que lorsqu’il leva la tête, sourcils froncés et cherchant à comprendre, qu’Adele poursuivit son discours. Ses mots firent vibrer ses tympans avant qu’ils ne coulent dans sa tête, plomb amer et durcissant, enlaçant sa gorge, sa poitrine et ses tripes. Il n’y a pas de mots pour décrire le sentiment qui posséda l’homme à ce moment. Une rage noire et destructive fit mourir ses iris. Une haine violente et dangereuse lui fit serrer les dents. Une indignation vive et désespérée lui pétrifia les poumons. Une tristesse inconsolable déchirante lui brisa le cœur. Et les remords. Les remords voraces et étourdissants qui imposèrent à sa langue le goût amer du passé, de l’échec et du sang.

Mais il n’en paru rien, si ce n’était que du calepin qui se referma sur ses cuisses et ses phalanges se déposant, repliées, sur ses lèvres closes alors que dix mille idées lui traversaient la tête. Il en voulait à Adele autant qu’il le comprenait. L’aurait jeté à la porte, l’aurait battu jusqu’à inconscience, tout autant qu’il aurait voulu l’aider. Mais il n’allait faire rien de cela. Lentement, il étira le bras jusqu’à agripper son verre, le portant ensuite à ses lèvres pour en boire le contenu d’une traite. Il le posa à nouveau sur la petite table, ses yeux ayant jusqu’à maintenant suivi la trajectoire de ses propres mouvements, puis regarda à nouveau l’étudiant.


« Non. »

Il marqua une pause, sommant, de son regard, le jeune homme de rester silencieux pour un instant. Puisqu’il allait faire à Adele cadeau de quelque chose d’absolument rarissime, venant de lui ; il allait peser ses mots. Il allait lui expliquer. Et même si sa voix était chaude et basse, presque sirupeuse, même si elle semblait calme, son corps tout entier, lui, n’était que nerfs à vif.

« Ce n’est ni à toi, ni à moi de prendre cette décision pour elle. Si elle en veut, de la drogue, elle en trouvera d’autre. Si ce n’est pas la mienne, ce sera celle d’un tordu dans une ruelle de Londres la f’ra se mettre à genoux pour une dose. Parce qu’il n’y a personne de plus désespéré sur cette putain de planète qu’un junkie en manque. C’est une faim qu’on ne peut pas taire, Berry. C’est une faim immense et sans fond, et c’est elle qui finit par nous dévorer. On vendrait notre âme, notre humanité pour y goûter juste une fois de plus. La vérité, c’est qu’il n’y a qu’elle qui peut choisir d’arrêter. Sinon, c’est voué à l’échec. »

Ses poumons tremblèrent alors qu’il inspirait lentement.

« Tu ne peux pas la sauver. Surtout pas d’elle-même. »



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Adele Berry
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Sam 28 Jan - 16:57
Tendu comme une arbalète, Adele redoutait il ne savait quoi. Comme c’était dur de demander des choses. De supplier, de mendier un peu d’aide. Il avait toujours été capricieux mais cette fois-ci ça n’avait rien à voir. Cette fois-ci il aurait largement vendu ses idées débiles de club d’art ou de club de baston, ses tendances à traîner Chen n’importe où en petites robes, ses ordres chantant qui lui permettaient d’entraîner ses copains dans ses stupides plans contre un « oui » de la part de Phil. Cette fois-ci, il n’avait pas le choix, ce n’était pas pour lui, il lui fallait vraiment un oui.

— Non.

Adele ferma les yeux et se laissa retomber dans son fauteuil en soupirant, main plaquée sur son visage. Non, évidemment. Non Berry. T’as pas le droit de venir donner des coups de pieds dans les petites affaires du monde parce qu’elles ne te plaisent pas. Tu crois quoi, connard ? Que les autres sont là pour tes beaux yeux ? Qu’on va te servir le monde sur un plateau d’argent, que tu pourras repeindre les choses à ta façon ?

Chen est une junkie finie, Phil se fait du biff dessus. Ce n’était pas lui avec ses battements de cils qui allaient interrompre la machine.

A travers ses doigts, il croisa le regard de Phil, qui, étrangement, ne semblait ni haineux ni impatient de se débarrasser du gêneur. Adele l’écouta et délia ses muscles, retira sa main de son visage, regardant Phil sans sourciller.

Des images de Chen se prostituant pour une dose lui sautèrent au visage tandis que Phil lui balançait la vérité à la figure. Bien sûr qu’il s’était voilé la face. Bien sûr qu’il s’était dit que Chen n’était pas aussi mal en point que ça, et que lui, rien qu’avec la force de son amour et de ses bonnes intentions il pouvait la sauver.

Phil était cru. Dur, amer, mais il lui parlait. Mais il s’ouvrait un peu. Adele n’était plus effrayé de rien, seulement triste par la sombre vérité. No hope for you, Berry-boy.

Il se mordit la lèvre inférieure, pesant les mots de Phil dans son esprit. « Tu ne peux pas la sauver. » Lui pas vraiment, non. Mais il devait bien y avoir un moyen, il le savait, il avait un beau cerveau créatif, il pouvait bien l’utiliser pour chercher une solution avec Phil.

Avec Phil. Parce que Harker avait parlé. Avait expliqué, avait pris du temps pour l’écouter. Ce n’était plus un ennemi, c’était un allié. Dans la logique extrêmement simplifié d’Adele, Phil venait de lui dire « J’aimerais bien t’aider mais c’est impossible. » ce qui était mille fois mieux qu’un « Va te faire foutre Berry. » Il pouvait faire quelque chose avec ça, s’accrocher, gesticuler, essayé de déranger encore un peu Phil, voir jusqu’où il pouvait pousser les pistons de la patience de l’homme.

Adele souffla du nez, décidé à appuyer la conversation encore un peu plus, jusqu’à ce que Phil craque. En le foutant dehors ou en acceptant de l’aider.

— Écoute Phil…, c’est ma copine, avoua Adele en se massant les paupières. Je sais pas quoi faire. J’ai pas le droit d’exiger qu’elle arrête mais je me donne pas le droit de rien faire. Je suis perdu. Ca me dépasse.

Un flash de pensé lui rappela soudain la maigre petite Solveig perdue dans l’autodestruction. Son cœur manqua un battement, il se pinça discrètement la peau tatouée de sa paume pour le forcer à refaire surface.

— Moi je peux rien faire tout seul… Mais toi… Je sais pas… J’en sais rien… Et si tu réduisais la dose ? Et si tu diminuais petit à petit les substances ?... Je ne sais pas si c’est possible. J’en sais rien…

Il lançait ses idées comme des bouées de sauvetages, attendant un signe. Un naufrage ou une lumière de phare.
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Phillip Harker
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Sam 4 Fév - 16:36
L’image de Solveig lui collait aussi à l’esprit. Comme une crasse qu’on a essayé de laver des milliers de fois mais qui persiste avec violence et véhémence. Les restes poisseux et immondes d’une nuit qu’il essayait d’oublier depuis qu’elle s’était produite. Tout autour de lui lui rappelait cette tragédie. Le bar, les sièges, le chandelier de fer forgé, le jeans taché de sang et de vomissures qu’il gardait au fond de sa garde-robe pour se rappeler, masochiste, son statut d’ordure. Il avait le cœur aux lèvres à chaque fois qu’il devait monter au salon VIP pour coordonner un évènement, même si depuis, il ne faisait plus le service durant ceux-ci. Il y avait toujours une limite à la torture qu’une personne pouvait s’imposer à elle-même. Même son appartement au sous-sol le ramenait à cet instant qui, malgré les mois qui s’étaient écoulés depuis, était toujours aussi vif et réel dans ses pensées.

Il n’avait jamais autant pleuré que cette nuit-là. Il n’avait jamais autant tremblé. Les médicomages d’urgence étaient partis avec le cadavre malgré le délire de l’Anglais qui voulait tellement croire qu’il pouvait la sauver. Il fallait lui donner l’antidote, c’était bien simple. Même si son cœur ne battait plus, même si ses côtes s’étaient brisées des pressions désespérées qu’il avait appliquées à sa poitrine. Il s’était retrouvé dans la solitude la plus terrifiante, entouré de bouteilles fracassées, tordu du supplice de la culpabilité et de l’agonie qui le dévoraient et le déchiquetaient, secoué de cris et de sanglots d’un homme qui ne veut rien de plus que de mourir au lieu de sa victime. Take me, avait-il supplié sans cesse jusqu’à ce que la quantité assommante de drogues qu’il avait prise lui assourdisse les nerfs. Il ne savait pas trop, d’ailleurs, pourquoi il ne s’était pas tout simplement achevé à son tour. Sa vie ne valait pas plus que celle d’une coquerelle. Il n’avait rien à offrir, ni à lui-même, ni à qui que ce soit d’autre. Mais il était toujours là. Une épave toxique et venimeuse, qui damne et corrompt le sang de quiconque s’y approche.

Le regard d’ambre de l’Anglais s’était éteint alors qu’il avait laissé les remords prendre possession de son corps. La main tremblante, il sortit fébrilement deux autres comprimés de la petite boite de métal dans ses poches et les glissa entre ses lèvres, les croquant avant de les avaler dans un soupir fiévreux. Une courte minute s’écoula avant qu’il entende résonner les battements de son propre cœur dans ses oreilles, et que les soubresauts de ses tripes se calment.

Le silence persista malgré tout. À présent, il était impliqué dans le bien-être de Chen, et les conséquences d’un refus catégorique lui souilleraient les mains encore plus qu’elles ne l’étaient déjà. Une main, plus stable grâce à la pulsion de méthamphétamine qui lui parcourait les veines, se glissa entre quelques mèches de ses cheveux châtains alors que, dans sa tête, plusieurs idées s’entrechoquaient. Il ne pouvait pas lui donner de la drogue de mauvaise qualité ou réduire ses doses. Elle le remarquerait. Et non seulement avait-il une réputation à maintenir auprès des autres, mais Chen devinerait sans doute que quelque chose était différent et, lorsque confronté, Phil ne mentait jamais. C’était bien le seul défaut qu’on ne lui accordait pas. Il était toujours honnête, voire trop.

L’idée lui tomba dessus comme un éclair, l’air lugubre qu’il avait au visage changeant aussitôt pour laisser place à l’espoir. Il y avait peut-être une issue à ce dilemme. Il avait encore beaucoup de travail à faire mais ses chances de réussite étaient bonnes. Les ingrédients, les recettes, les doses lui emplissaient l’esprit, des diagrammes et des images saturant son imaginaire créatif.


« J’ai une idée. »

Phillip posa les yeux sur la grande horloge un peu steampunk qui trônait au-dessus de la porte d’entrée, estimant le temps qu’il lui faudrait pour élaborer le plan qui se dessinait de plus en plus précisément dans sa tête.

« Samedi après-midi. Après-demain. Viens me voir ici – cogne à la porte arrière plutôt que devant. »

Il se leva, hésitant un peu quant au geste à suivre. La poignée de main traditionnelle qui suivait normalement les affaires de l’Anglais n’avait rien à voir ici, puisque ça n’était pas une affaire normale. Ça avait une saveur personnelle qui, franchement, était suffisante pour déconcerter Harker. Il brisa l’incertitude d’une main sur l’épaule d’Adele, la serrant légèrement.

« Si je réussis, tu me dois la bouteille d’alcool la plus excessive que tu peux trouver. »

Il y avait dans le mince sourire que Phil adressa à Adele un sentiment d’urgence. Il devait commencer vite, pendant que tout de son être le poussait à accomplir cette mission pas tout à fait impossible, mais certainement difficile.

« Samedi après-midi. », rappela-t-il avant de s’éclipser, se dirigeant au bar pour avertir sa collègue qu’il allait être au laboratoire, puis se faufilant vers la porte qui le mènerait au sous-sol.

Il avait une vie à sauver.



Huhuhuhu ~:
 

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