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Bloody Ghoul
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ft. : Jonathan Rhys Meyers
Hiboux envoyés : 35
Entrée à Poudlard : 16/08/2016
Année d'étude en cours: : Ultimum
Maison répartie : Nimh
Mornilles : 136
DC : ☣Seth O. Knight
☣Evelynn Elwood
☣Ainsley L. Sinclair
☣Jamie Fairfield
Chocogrenouilles : 69
Phillip Harker
Bloody Ghoul
∞ ∞ ∞ ∞ ∞ ∞ ∞ ∞
Mer 17 Aoû - 22:16
J’ai tout fait pour essayer d’oublier ce moment. Chaque capsule, chaque rail, chaque goutte qui a pu assaillir mon système depuis ce soir-là n’aura servi qu’à cela. Mais c’est bien en vain, et c’est d’autant plus de raison de continuer. Mais j’ai espoir qu’un jour, les images s’effaceront, que les sons se tairont. En attendant, ils m’aveuglent et m’assourdissent.

C’était un soir comme un autre au Bloody Ghoul. Ni spécialement occupé, ni désert. Disons qu’il y avait bien une vingtaine de personnes sur la piste de danse et qu’on venait me voir au bar à toutes les deux minutes. Les réguliers y étaient tous, sans exceptions. L’alcool coulait à flots, la drogue se vendait et la caisse était bien pleine de gallions et de mornilles. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Seulement, il y en avait une qui me semblait encore plus déprimée et renfermée que d’habitude. Même en temps normal, Grimsonn n’était pas des plus sociables pour commencer, se contentant de s’adresser à qui était derrière le bar et, à l’autre traînée lorsqu’elles décidaient de sortir toutes le deux, mais jamais comme cette fois-là. Le regard vitreux et vide fixé sur son verre d’absinthe comme si toutes les solutions à ses problèmes se cachaient tout au fond.

Ça n’est pas mon genre de jouer les psys et, à bien y repenser, j’aurais mieux fait de la laisser à ses chimères. Mais j’eu pitié. Parce qu’elle et moi, mon s’était toujours compris, on s’était toujours respecté. Sans même devoir dire un mot ; c’est à peine si nous avons partagé trois vraies conversations, parmi toutes nos années universitaires ensemble. J’étais son dealer, son amant de temps en temps, mais sans plus. Sauf ce soir-là, où la tristesse qui geignait en elle est venue résonner contre la mienne.

Tout a commencé avec un shot. Jack Daniels. Je lui ai donné le sien, j’ai levé le mien et, après un hochement de tête entendu, nous avons tous les deux vidé notre petit verre à l’unisson. Et tous les deux, nous savions que nous allions terminer la nuit ensemble. Sans que mot ne soit dit, elle passa la soirée accoudée au bar, quasiment immobile jusqu’à ce que tout le monde soit parti et que je verrouille la porte de l’établissement de l’intérieur. Il me semble nous avoir presque entendu expirer un soupir de soulagement.

À peine avait-elle fait pivoter son tabouret pour se retourner vers moi que je m’avançais vers les escaliers menant à l’étage, lui indiquant d’un signe de tête de me suivre. Elle s’exécuta sans poser de question, sa réaction m’arrachant un sourire qui s’installa plus confortablement sur mes lèvres au fil des marches gravies. Un coup de baguette suffit à éclairer l’espace VIP de chandelles et de lanternes tamisées. Elle voulut piquer vers le bar – plus petit mais tout aussi garni que celui d’en bas – mais j’attrapa son poignet d’une étreinte ferme et chaleureuse, mon regard se vrillant dans le sien, auburn.


« Sit. I have something even better for us. You trust me, don’t you? »

Trust me… Elle a été idiote de me faire confiance, et moi un monstre de lui avoir fait croire que c’était une bonne idée. Mais elle se pouvait sage, la Grimsonn, et alors qu’elle s’asseyait dans l’un des luxueux divans du salon, je m’attardais derrière le bar, n’en ressortant que quelques minutes plus tard, deux autres shots de Jack à la maison et une surprise au creux de la paume.

J’étais à peine assis qu’elle s’approcha de moi, l’air malicieux et curieux à la fois, sa main trouvant sa place sur ma cuisse. Elle ne me demanda pas ni ce qui se trouvait dans le verre, ni ce que la capsule que lui remis devais lui faire. Elle l’avala de sitôt et n’attendit pas que je fasse de même, sa langue effleurant mon cou tendu d’avaler le petit comprimé bleu. Elle attrapa mes lèvres des siennes dès qu’elle put le faire et, entre ses dents mordillant ma chair et le bourbon qui tachait son haleine, je goûtais le désespoir.

Je ne saurais dire combien de temps s’était écoulé, mais lorsqu’elle vint me chevaucher, ses doigts bien serrés contre ma nuque et son souffle soudé au mien, j’étais déjà bien ivre d’elle et de la méthamphétamine qui me mordait les artères. J’aurais pu m’y perdre, la boire, elle et ses blessures, jusqu’à plus soif, mais elle m’en empêcha d’une main moite contre ma joue qui me força à ouvrir les yeux.


« Please… », gémit-elle, sa plainte claire au-dessus du bruit sourd du tissu de nos vêtements se frottant avidement les uns contre les autres. « Please, Harker. I need more. I need you… »

J’ai tout de suite su qu’elle ne parlait pas de mon corps. Ça, c’était accessoire. Un bonus, sans plus. Et c’est là que j’aurais dû tout arrêter, lui refuser ce dont elle était affamée. Mais la pitié s’était installée et, dans cette tendresse, j’ai perdu la tête. Elle m’aurait demandé de tuer que je l’aurai fait. À cette seconde précise, et pas une de plus ou de moins, je l’ai aimé de tout mon être brisé.

Je lui ai glissé le comprimé entre les lèvres avant de les capturer d’un baiser brutal.

Les minutes passaient et elle fondait sous mes mains, sa respiration se raccourcissant et ponctuant la chute de quelques vêtements sur le sol. Ce n’est que lorsque mes paumes cueillirent de grosses perles de sueur du creux de son dos que je vins à mon tour briser l’étreinte de nos bouches. Son corps entier frémissait contre le mien malgré la chaleur fiévreuse de sa peau. Quelque chose se voulait rassurant dans son ton alors qu’elle m’expliquait qu’elle n’avait que soif, mais ça n’avait pas été suffisant pour me rassurer. Malgré une faible protestation de sa part, je m’étais levé pour aller lui cherche un verre d’eau au bar.

Le choc d’un corps chutant sur le bois du sol me fit me retourner. Et quand j’aurais dû courir tout de suite vers elle, je n’ai pas pu le faire. J’étais paralysé, estomaqué, le regard paniqué et les membres tremblants. C’en était trop. La crise qui se levait en moi, la drogue qui me frappait sur les tempes, la frayeur de voir les yeux de la jeune femme tourner dans leur orbite alors que tout son corps se crispait et se débattait contre l’overdose. Ce n’est qu’au bout d’une longue, interminable minute que je pus sortir de ma torpeur, m’élançant vers les escaliers et les dévalant à toute vitesse en me maudissant d’avoir mis un sortilège anti-accio sur le coffre des antidotes. Et c’est comme si on m’avait donné une chance de me repentir. La porte s’ouvrit d’un seul coup, le coffre ne fit pas de caprices, la potion que je cherchais était juste devant mes yeux et, en retournant vers l’étage, j’avais l’impression de voler. J’avais espoir, les yeux pleins de larmes, que j’allais pouvoir la sauver, que je n’avais pas tout merdé, que tout cela ne serait qu’un mauvais souvenir pour nous deux. Mais je suis le seul qui peut en faire des cauchemars.

Je me souviens des vomissures qui coulaient sur son menton et dans son nez. Je me souviens du pourpre de sa peau, du rouge de ses yeux, des spasmes incontrôlables de ses muscles qui, peu à peu, s’adoucissaient alors que dans la pièce vibrait l’écho de ses derniers toussotements visqueux. Je me souviens de m’être senti mourir en même temps qu’elle, du cri – des cris – que j’ai poussés en me jetant sur elle. J’étais pourtant certain de l’avoir retournée sur le côté avant de descendre. C’est bien la seule chose qui m’échappe, à ce jour, de cette nuit-là. Et c’est la chose qui me hante plus. Bien plus que mes sanglots horrifiés, bien plus que la sensation de son front poisseux contre mes doigts, bien plus que le bruit de côtes qui se brisent d’efforts vains de ressuscitation.

Solveig Grimsonn est morte, et c’est moi qui l’ai tué.

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The devil makes us sin, but we like it when we're spinning in his grip
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Souillé [~S, ~Gore]
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